Le prix de la connexion : quand un giga coûte une journée de travail

En 2018, les Nations Unies ont posé une règle simple pour mesurer si Internet est vraiment accessible : la cible « 1 for 2 », un gigaoctet de données mobiles pour au maximum 2 % du revenu national brut mensuel par habitant, soit l'équivalent d'environ une demi-journée de travail. Sept ans plus tard, l'Afrique de l'Ouest reste coupée en deux. Au Nigeria, au Ghana et en Côte d'Ivoire, la donnée est enfin passée sous ce seuil. Mais au Burkina Faso, un panier mobile de base coûte encore 9,81 % du revenu mensuel, près de cinq fois la cible, l'équivalent de plus de deux journées de travail pour un seul mois de connexion. Le même gigaoctet, d'un pays à l'autre de la même région, peut donc coûter une demi-journée ou deux jours. Ce n'est pas une question de technologie : c'est une question de prix, et le prix se décide.
Une région coupée en deux mondes tarifaires
L'Afrique de l'Ouest n'a pas un marché de la donnée, elle en a deux. D'un côté, les pays où la connexion est devenue abordable au sens de l'ONU : en 2023, le Nigeria affichait le tarif le plus accessible de la région avec un panier de 2 Go à 1,61 % du revenu national brut mensuel par habitant, suivi du Ghana (1,94 %) et de la Côte d'Ivoire, tout juste au seuil (2,00 %). De l'autre, les pays où la donnée reste un luxe : le Sénégal (2,47 %) frôle la cible sans l'atteindre, tandis que le Burkina Faso (9,81 %) en reste très loin. Cette ligne de partage ne suit ni la géographie ni la langue : elle épouse la carte des revenus et des politiques tarifaires. Et rapportée au revenu, la donnée mobile coûtait en 2024 14 fois plus cher en Afrique qu'en Europe, un écart qui s'est même creusé depuis un facteur 12 en 2023.
La moyenne africaine baisse, mais reste au double de la cible
La tendance de fond est encourageante. En 2024, le prix médian d'un forfait mobile d'entrée de gamme (2 Go par mois) représentait 4,2 % du revenu national brut par habitant à l'échelle du continent, en recul depuis 4,6 % en 2023 et 5,9 % en 2022. Sur plus longue période, le mouvement est net : le prix moyen du gigaoctet en Afrique a chuté d'environ un tiers depuis l'adoption de la cible onusienne en 2018. La donnée devient donc, année après année, plus accessible. Mais le point d'arrivée reste éloigné du point de mire : à 4,2 %, la médiane africaine se situe encore à plus du double de la cible de 2 %, et très au-dessus de la médiane mondiale, tombée à 1,1 % en 2024. Autrement dit, le continent progresse dans la bonne direction, mais avec une décennie de retard sur le reste du monde.
Le mécanisme : un ratio, deux leviers
Pour agir sur l'abordabilité, il faut comprendre comment elle se calcule. L'indicateur est un simple ratio : le prix du panier de données divisé par le revenu mensuel. Un forfait peut donc devenir plus « abordable » de deux façons, en baissant le tarif du gigaoctet ou en augmentant le revenu, et à l'inverse un pays pauvre affichera un ratio élevé même à tarif modéré. C'est exactement le piège des économies à faible revenu de la région. Les pays enclavés, dont le revenu national brut par habitant est parmi les plus bas (Niger à 670 dollars, Burkina Faso à 850, Mali à 1 030 en 2024), cumulent des coûts d'infrastructure élevés, liés à l'éloignement des câbles sous-marins et à la faible densité, et des revenus faibles. Le numérateur monte, le dénominateur baisse, et la part du revenu absorbée par la connexion explose mécaniquement.
Les leviers de baisse sont, eux aussi, identifiés. La concurrence entre opérateurs tire les prix vers le bas là où elle est réelle. La fiscalité sur le secteur, quand elle multiplie taxes sur les terminaux, sur les recharges et sur les opérateurs, se répercute directement sur la facture de l'abonné. Enfin, le déploiement de la fibre et de la 4G réduit le coût unitaire de transport de la donnée. Ces trois leviers, concurrence, fiscalité, infrastructure, relèvent tous de la décision publique et de la régulation. L'abordabilité n'est donc pas une donnée exogène subie par les États : elle est, pour l'essentiel, le produit de leurs propres choix.
Les extrêmes du continent : quand un gigaoctet dévore un quart du revenu
Pour prendre la mesure de l'enjeu, il faut regarder les extrêmes du continent, là où le prix devient prohibitif. Les données historiques de l'Alliance for Affordable Internet, portant sur le coût de 1 Go en 2020, dessinent un gouffre. En République centrafricaine, un seul gigaoctet coûtait alors 24,44 % du revenu mensuel moyen, soit près d'un quart du revenu d'un mois pour un an de ce que l'ONU considère comme le minimum vital numérique. En République démocratique du Congo, ce même gigaoctet absorbait 20,67 % du revenu. En Afrique de l'Ouest, le Togo figurait parmi les pays les plus chers au monde : 15,10 % du revenu mensuel pour 1 Go, soit plus de sept fois le seuil d'abordabilité. À l'autre bout du même continent, l'Afrique du Sud (1,41 %) et le Nigeria (1,71 %) offraient déjà la donnée sous la cible. Un facteur supérieur à 17 séparait ainsi les deux extrémités africaines pour un produit strictement identique.
En moyenne sur le continent, 1 Go de données mobiles coûtait environ 5,7 % du revenu mensuel moyen en 2020 selon l'A4AI, et le prix moyen du gigaoctet a depuis chuté d'un tiers depuis l'adoption de la cible onusienne en 2018. La direction est donc la bonne, et rapide. Mais l'ampleur des extrêmes rappelle que la moyenne ne dit rien du sort des pays les plus mal placés : là où le point de départ était à 15 ou 24 % du revenu, même une baisse d'un tiers laisse la donnée hors de portée du plus grand nombre. Pour ces pays, l'abordabilité ne se gagnera pas par la seule dynamique de marché, mais par une intervention publique volontariste sur la fiscalité, la concurrence et l'infrastructure.
Le même gigaoctet peut coûter moins d'une demi-journée de travail au Nigeria et plus de deux jours au Burkina Faso. Le prix de la connexion n'est pas une fatalité géographique : c'est une variable de politique publique.
Traduire le prix en temps de travail
Un pourcentage de revenu reste abstrait. Pour saisir ce que le prix de la donnée signifie concrètement, il faut le convertir en temps de travail. Sur la base d'un mois ouvré d'environ 22 jours, un panier de 2 Go coûte au Nigeria l'équivalent de 0,35 jour de travail, soit à peine plus de deux heures. Au Ghana (0,43 jour) et en Côte d'Ivoire (0,44 jour), il faut compter moins d'une demi-journée. Au Sénégal, un peu plus d'une demi-journée (0,54 jour). Puis vient la rupture : au Burkina Faso, se connecter pendant un mois exige 2,16 jours de travail, soit quatre à six fois l'effort demandé à un voisin. Ce n'est plus une différence de degré, c'est une différence de nature. Là où la connexion coûte deux heures, elle relève du quotidien ; là où elle coûte deux jours, elle devient un arbitrage entre se connecter et couvrir d'autres besoins essentiels.
Le coût de l'inaction : une barrière invisible de 60 %
Le prix n'est pas qu'une gêne budgétaire : c'est un filtre qui exclut. En Afrique subsaharienne, environ 60 % de la population vit dans une zone couverte par la 4G mais n'utilise pas Internet mobile. C'est le plus large « déficit d'usage » au monde, et l'abordabilité des données comme des terminaux figure parmi ses tout premiers freins. La couverture existe, l'antenne est là, mais le prix reste hors d'atteinte. Ce déficit d'usage est différent, et bien plus grand, que le déficit de couverture : il ne se résout pas en construisant des réseaux, mais en rendant leur usage accessible. Chaque point de pourcentage de revenu ajouté au prix repousse un peu plus les ménages modestes hors des services publics numériques, de l'éducation en ligne et de l'inclusion financière.
Les conséquences dépassent l'accès individuel. Un ménage exclu du numérique est un ménage moins productif, moins bancarisé, moins informé sur les prix agricoles, les alertes sanitaires ou les démarches administratives. À l'échelle d'un pays, cette exclusion freine la productivité et creuse les inégalités territoriales, car ceux qui restent hors ligne sont aussi, le plus souvent, les plus pauvres et les plus éloignés des centres. Elle a aussi un visage de genre : dans la région, les femmes sont environ 14 % moins connectées que les hommes, ce qui redouble une exclusion déjà présente dans l'accès à la terre, au crédit et à l'emploi. Le prix de la donnée n'est donc pas un enjeu sectoriel de télécommunications : c'est un déterminant transversal du développement, qui pèse sur la santé, l'éducation et l'économie. Réduire le prix de la connexion, c'est agir en amont sur toute la chaîne de l'inclusion, et non pas seulement sur une facture.
Prix et usage : le lien qui se voit dans les chiffres
La corrélation entre abordabilité et usage n'est pas une hypothèse théorique, elle se lit dans les données. Le Ghana, où la donnée est abordable, affiche un taux d'utilisation d'Internet de 70,7 % en 2023. À l'autre bout du spectre, le Niger, pays au revenu national brut le plus faible de l'échantillon, ne compte que 13,0 % d'utilisateurs. Entre les deux, la région se déploie presque comme un dégradé de revenus et de prix : Sénégal 59,2 %, Côte d'Ivoire 40,7 %, Nigeria 40,1 %, Togo 37,6 %, Mali 36,0 %, Bénin 32,4 %, Burkina Faso 25,4 %. Là où la connexion coûte une demi-journée de travail, la majorité se connecte ; là où elle en coûte deux, une large majorité reste hors ligne. Le prix n'explique pas tout, mais aucun facteur ne trace une ligne aussi nette entre les pays connectés et les autres.
La dynamique récente confirme le lien. Entre 2020 et 2023, le Ghana a poursuivi sa progression, de 62,5 % à 70,7 %, consolidant une base déjà large. Le Bénin a connu un rattrapage rapide, de 22,1 % à 32,4 %, gagnant plus de dix points en trois ans. Mais le Niger, lui, plafonne : à peine remonté de 11,9 % en 2020, il stagne autour de 13 % et recule même légèrement en 2023. Là où le prix reste prohibitif et le revenu très bas, la simple extension des réseaux ne suffit plus à faire monter l'usage. La barrière n'est pas dans le ciel, elle est dans le portefeuille.
Un écart mondial que l'Afrique de l'Ouest incarne
Le cas ouest-africain n'est pas une anomalie locale, il est la pointe d'une inégalité mondiale. À l'échelle de la planète, un abonné d'une économie à faible revenu paie la donnée mobile 19 fois plus cher, rapporté à sa part de revenu, qu'un abonné d'une économie à revenu élevé ; l'écart reste de 6 fois pour une économie à revenu intermédiaire inférieur. Autrement dit, ceux qui ont le moins de moyens paient proportionnellement le plus cher pour le même service. Cette régressivité est l'exact inverse de ce qu'exigerait une politique d'inclusion, qui devrait au contraire alléger la charge des plus modestes. Et elle n'est pas figée : l'écart Afrique-Europe s'est creusé entre 2023 et 2024, passant d'un facteur 12 à un facteur 14. Sans action délibérée, la baisse des prix mondiaux peut donc laisser les économies les plus pauvres encore plus loin derrière, non pas malgré le progrès général, mais parce que ce progrès ne les atteint pas au même rythme.
Ce que les moyennes cachent
La moyenne africaine de 4,2 % est un chiffre commode et trompeur. Elle écrase des réalités qui vont de moins d'une demi-journée de travail au Nigeria à plus de deux jours au Burkina Faso. Mais le piège le plus insidieux se niche dans le dénominateur lui-même. Le revenu national brut par habitant est une moyenne : dans des pays très inégalitaires, ce « revenu de référence » dépasse largement ce que gagne réellement la majorité rurale et modeste. Un panier officiellement à 2 % du revenu moyen peut donc en représenter 5, 8 ou 10 % du revenu réel d'un ménage pauvre. Le pourcentage officiel sous-estime systématiquement le poids réel de la connexion pour ceux qui en sont déjà les plus éloignés. L'abordabilité affichée est celle du citoyen moyen, qui n'existe pas.
La fracture est aussi territoriale. Les adultes des zones rurales sont environ 48 % moins susceptibles d'utiliser Internet mobile que ceux des villes, effet combiné d'une couverture plus lâche, de revenus plus bas et de terminaux moins accessibles. Une moyenne nationale, en additionnant une capitale connectée et un arrière-pays hors ligne, produit un chiffre qui ne décrit exactement aucun des deux. Piloter une politique d'inclusion numérique sur la seule moyenne nationale, c'est viser une cible qui masque précisément les populations qu'il faudrait atteindre en priorité.
Deux paniers, une même cible : la prudence méthodologique
Mesurer l'abordabilité impose une rigueur que trop de comparaisons négligent. Deux paniers coexistent dans les sources internationales. Historiquement, l'Alliance for Affordable Internet mesure le coût de 1 Go de données mobiles prépayées ; l'UIT, dans ses publications récentes, retient surtout un panier data-only de 2 Go. Les deux sont exprimés en pourcentage du revenu national brut mensuel par habitant et comparés à la même cible de 2 %, mais leurs niveaux ne sont pas directement comparables : on ne peut ni additionner un chiffre 1 Go et un chiffre 2 Go, ni opposer une moyenne A4AI (environ 5,7 % pour 1 Go en 2020) à une médiane UIT (4,2 % pour 2 Go en 2024) comme s'il s'agissait du même objet. Ce qui est solide et convergent, c'est la tendance : une baisse nette et continue du prix relatif de la donnée depuis 2018.
- Deux volumes de panier. A4AI raisonne sur 1 Go, l'UIT sur 2 Go : comparer les niveaux bruts entre les deux sources revient à comparer des paniers différents.
- Moyenne ou médiane. Les sources mêlent moyennes et médianes selon les années, ce qui déplace mécaniquement le chiffre affiché sans que le marché ait bougé.
- L'année du revenu compte. Le revenu national brut par habitant du Nigeria a fortement chuté en dollars courants (de 2 590 dollars en 2023 à 1 710 en 2024, méthode Atlas), du fait des ajustements du taux de change du naira : tout ratio prix/revenu exprimé en pourcentage doit préciser l'année du revenu retenu.
Cette prudence n'est pas un détail d'expert. Une politique tarifaire pilotée sur des chiffres non comparables aboutit à des diagnostics faux et à des dépenses mal orientées. Savoir exactement quel panier, quelle année et quelle méthode se cachent derrière un pourcentage est la première condition pour transformer une cible en trajectoire mesurable.
L'angle CRAD : mesurer l'abordabilité réelle, pas le slogan
Le suivi de l'abordabilité exige de croiser deux séries que les États produisent rarement ensemble. D'un côté, les tarifs relevés opérateur par opérateur, panier par panier, selon la méthodologie de l'UIT, pour capter le prix réellement pratiqué et non le prix d'appel. De l'autre, le revenu réel des ménages, au-delà du revenu national brut moyen, désagrégé par région, par quintile de revenu et par genre. C'est le croisement de ces deux dimensions qui révèle l'abordabilité vécue, celle qui décide qui se connecte et qui reste exclu. Sans cette granularité, un pays peut célébrer le passage sous la barre des 2 % pendant que la moitié rurale de sa population continue de payer, en part de revenu réel, plusieurs fois ce seuil.
C'est précisément le travail que le CRAD outille pour les régulateurs et les bailleurs ouest-africains : construire des indices d'abordabilité désagrégés, adossés à la collecte numérique de terrain et au suivi-évaluation, pour objectiver l'impact réel des politiques tarifaires et fiscales. Cartographier l'abordabilité par région et par quintile, c'est faire passer la cible « 1 for 2 » du statut de slogan à celui de trajectoire pilotable, avec des cibles intermédiaires, des responsables et une mesure année après année. La donnée sur le prix de la donnée est, elle aussi, un bien public : sans elle, l'inclusion numérique avance à l'aveugle.
À retenir
- La cible mondiale « 1 for 2 » fixe le prix acceptable d'un panier de données à 2 % du revenu mensuel, soit environ une demi-journée de travail ; la médiane africaine (4,2 % en 2024) reste au double.
- L'Afrique de l'Ouest est coupée en deux : Nigeria (1,61 %), Ghana (1,94 %) et Côte d'Ivoire (2,00 %) sont sous le seuil en 2023, quand le Burkina Faso (9,81 %) exige plus de deux jours de travail par mois de connexion.
- Le prix agit comme une barrière invisible : environ 60 % des habitants d'Afrique subsaharienne vivent sous couverture 4G sans utiliser Internet mobile, le plus large déficit d'usage au monde.
- L'abordabilité commande l'usage : du Ghana (70,7 % d'internautes) au Niger (13,0 %), le classement de l'accès épouse celui du prix et du revenu.
- La moyenne nationale trompe : rapporté au revenu réel d'un ménage pauvre ou rural, le poids de la connexion dépasse largement le pourcentage officiel, et la fracture rurale (moins 48 % d'usage) reste invisible dans les agrégats.
Recommandations aux décideurs ouest-africains
- Adopter la cible « 1 for 2 » comme objectif national opposable et publier chaque année le coût du panier de données rapporté au revenu, en précisant volume, méthode et année de revenu pour rendre le suivi crédible.
- Alléger la fiscalité spécifique au secteur (taxes sur les terminaux, les recharges et les opérateurs) qui se répercute directement sur la facture de l'abonné et pèse le plus lourd sur les ménages modestes.
- Stimuler une concurrence réelle entre opérateurs et accélérer le déploiement de la fibre et de la 4G, afin d'abaisser le coût unitaire de transport de la donnée, premier levier de baisse des prix.
- Cibler prioritairement les zones rurales et les pays enclavés à faible revenu, où le déficit d'usage est le plus large, plutôt que de piloter l'inclusion sur la seule moyenne nationale.
- Construire des indices d'abordabilité désagrégés par région, par quintile de revenu et par genre, croisant tarifs relevés opérateur par opérateur et revenu réel des ménages, pour mesurer l'accès vécu et non l'accès moyen.
- Intégrer un objectif explicite de réduction de l'écart de genre (les femmes sont environ 14 % moins connectées) dans les politiques d'abordabilité, avec des données désagrégées par sexe pour le cibler et le suivre.
Sources
- Alliance for Affordable Internet (A4AI), Mobile Broadband Pricing Data
- A4AI / Broadband Commission, Affordable Internet is "1 for 2"
- UIT, The affordability of ICT services 2024 (Facts & Figures)
- UIT, The affordability of ICT services 2023 (Facts & Figures)
- UIT, ICT Price Brief 2023 (PDF)
- We Are Tech Africa, Nigeria offers the most affordable mobile rates in West Africa (ITU report)
- Banque mondiale, RNB par habitant, méthode Atlas (NY.GNP.PCAP.CD)
- Banque mondiale, Individus utilisant Internet, % population (IT.NET.USER.ZS)
- GSMA, The Mobile Economy Sub-Saharan Africa 2024 (PDF)
- ITU DataHub, ICT prices data explorer
- UIT, Measuring digital development: Facts and Figures 2024 (PDF)





