Publications & Insights
Notre regard sur le développement par la donnée, chaque analyse est reliée à un secteur ou à une expertise du CRAD.
Mesurer l'égalité de genre dans l'énergie : ce que nous a appris le projet WOCEWA
Première évaluation régionale de l'égalité femmes-hommes dans les PME des énergies propres de la CEDEAO, méthode, résultats et enseignements pour une transition inclusive.

Économie numérique : le commerce électronique face à ses freins
Le commerce électronique ouest-africain progresse vite, mais reste bridé par trois freins structurels : la logistique du dernier kilomètre, la confiance et un paiement encore à moitié hors ligne. L'indice B2C de la CNUCED va de 51,9 pour le Ghana à 5,6 pour le Niger, un écart que la seule croissance de l'internet mobile ne comble pas.

Enseignants formés : la qualité au cœur de l'apprentissage
L'Afrique subsaharienne est la seule région du monde où la part des enseignants formés a reculé, de 84 % en 2000 à 65 % en 2019. En Afrique de l'Ouest, l'écart va de plus de 90 % au Burkina Faso, au Niger et au Ghana à 37,4 % au Mali. Sans enseignants formés, aucune réforme scolaire ne tient : c'est la condition première de l'apprentissage.

Espérance de vie : des gains historiques, un double fardeau qui menace les acquis
En une génération, l'Afrique de l'Ouest a gagné de 9 à 20 ans d'espérance de vie, l'un des progrès sanitaires les plus rapides de la planète. Mais un double fardeau, maladies infectieuses toujours dominantes et maladies chroniques en forte hausse, menace désormais ces acquis, dans des systèmes de santé sous-financés et privés des données désagrégées nécessaires pour piloter la transition.

Anacarde : l'Afrique de l'Ouest produit la moitié du cajou mondial, mais en exporte la valeur
L'Afrique de l'Ouest récolte près de la moitié des noix de cajou de la planète et en expédie l'essentiel à l'état brut vers l'Inde et le Vietnam, qui captent la valeur ajoutée. Le Bénin ne transforme que 8 % de sa récolte, la Côte d'Ivoire prouve pourtant que la remontée de filière est possible, chiffres à l'appui.

Capacité solaire : le potentiel éclatant, le déploiement timide
L'Afrique de l'Ouest baigne dans l'un des meilleurs gisements solaires de la planète, mais neuf pays de référence ne cumulent que 1 346 MW de photovoltaïque installé fin 2025, alors que 181 millions de personnes y vivent sans électricité. Le frein n'est pas la ressource, c'est l'investissement, la structuration des projets et la donnée bancable.

Protection des données et cybersécurité : le cadre à la traîne
Les scores de cybersécurité ouest-africains progressent vite, mais le cadre juridique et la gouvernance restent en retrait. Entre lois adoptées sans autorité opérationnelle, mobile money en explosion et coopération régionale fragmentée, l'écart entre le texte et l'application définit aujourd'hui le vrai risque numérique de la région.

Formation professionnelle : la compétence, chaînon manquant de l'emploi jeune
En Afrique de l'Ouest, le vrai signal d'alerte n'est pas le chômage des jeunes, statistiquement rassurant, mais l'inactivité : jusqu'à un jeune sur trois n'est ni en emploi, ni en études, ni en formation. Le chaînon manquant est la compétence certifiante, pendant que l'enseignement technique et professionnel ne capte que 2 à 12 % des élèves du secondaire et reçoit une part dérisoire des budgets d'éducation.

Malnutrition : le retard de croissance qui hypothèque l'avenir
En Afrique de l'Ouest, près d'un enfant sur trois souffre de retard de croissance, un handicap silencieux qui se joue dans les mille premiers jours et grève à vie le capital humain. C'est d'abord un problème de données : savoir qui, où et pourquoi pour agir avant qu'il ne soit trop tard.

Inflation alimentaire : quand se nourrir devient un luxe
En Afrique de l'Ouest, l'inflation alimentaire a atteint des sommets historiques, jusqu'à 39,5 % au Nigeria en 2024. Derrière l'indice national se cache une réalité brutale : les ménages consacrent en moyenne 55 % de leur budget à la nourriture, et jusqu'à 69 % pour les plus pauvres. Piloter cette crise suppose de mesurer le panier réel, pas seulement la moyenne.

Enfants hors de l'école : la promesse d'éducation encore trahie en Afrique de l'Ouest
En 2024, 273 millions d'enfants et de jeunes sont hors de l'école dans le monde, en hausse pour la septième année consécutive. L'Afrique subsaharienne concentre 39 % de ce total et reste la seule région où le nombre absolu augmente. En Afrique de l'Ouest, la fracture entre pays côtiers et pays sahéliens s'élargit, et derrière les moyennes nationales se cache une crise silencieuse de la qualité : 89 % des enfants de 10 ans ne savent pas lire un texte simple.

Administration en ligne : l'État à portée de clic, ou pas encore
En 2024, aucun des neuf pays ouest-africains évalués n'atteint la moyenne mondiale de l'administration numérique. La fracture est mesurable, et elle se creuse. Mais l'écart entre le Ghana et le Niger montre que le retard relève d'un choix de politique publique, pas d'une fatalité géographique.

Torchage du gaz : brûler une richesse et payer deux fois
En 2024, le monde a brûlé dans ses torchères 151 milliards de m3 de gaz, presque toute la consommation annuelle de l'Afrique, sur un continent privé d'électricité. Le Nigeria illustre le paradoxe : après avoir divisé son torchage par plus de trois en une décennie, le pays a rechuté, alors que le Ghana voisin ferme la vanne. La différence n'est pas géologique, elle est politique.

Enseignement supérieur : former les cerveaux de la transformation ouest-africaine
L'Afrique de l'Ouest scolarise trop peu de jeunes dans le supérieur, souvent dans les mauvaises filières, les finance moins bien que partout ailleurs sur le continent, et perd une part de ses meilleurs cerveaux au profit de l'étranger. Le retard n'est pas une fatalité : le Ghana et le Sénégal montrent qu'une trajectoire de rattrapage est possible, à condition de piloter la formation par la donnée.

Tuberculose : l'épidémie oubliée qui tue encore en Afrique de l'Ouest
En Afrique de l'Ouest, la tuberculose recule mais continue de tuer, non parce qu'on ne sait pas la guérir, mais parce qu'un malade sur quatre échappe encore au diagnostic. Derrière le Nigeria, foyer massif de la région, un pays comme le Bénin montre qu'une trajectoire vertueuse est possible. Le vrai verrou n'est ni médical ni technique : il est fait de sous-détection et de sous-financement.

Inondations et catastrophes : le coût humain d'un climat qui se dérègle
En Afrique de l'Ouest, les inondations sont devenues l'aléa le plus fréquent et la sécheresse le plus massif. Derrière des bilans qui explosent, sous-déclarés et sous-financés, se joue la question de la donnée : sans comptage juste, pas de réponse ni de financement justes.

Identité légale : exister dans les registres pour accéder aux droits
En Afrique de l'Ouest, des millions d'adultes n'existent dans aucun registre officiel. Sans pièce d'identité, l'accès au compte bancaire, aux aides publiques et à la carte SIM se referme, et ce sont les femmes qui restent les premières exclues. Combler ce déficit d'identité n'est pas un coût administratif : c'est le socle invisible de toute politique de développement, et l'un des investissements au rendement le plus élevé.

Irrigation : sortir l'agriculture de la loterie pluviale
En Afrique de l'Ouest, l'agriculture reste suspendue au calendrier des pluies : moins de 4 % des terres cultivées d'Afrique subsaharienne sont irriguées, contre 46 % en Asie du Sud, alors que le continent n'exploite qu'un tiers de son potentiel irrigable. Maîtriser l'eau, c'est décorréler le rendement du hasard climatique, à condition de mesurer d'abord l'existant et de financer la bonne technologie.

VIH/SIDA en Afrique de l'Ouest : la riposte à consolider
En un quart de siècle, l'Afrique de l'Ouest a divisé ses nouvelles infections à VIH par près de quatre. Mais cet acquis repose sur des financements extérieurs volatils : le retrait des bailleurs en 2025 menace déjà de rouvrir une épidémie qu'on croyait maîtrisée.

Petite enfance : le rendez-vous manqué du préscolaire
En Afrique de l'Ouest, un enfant sur quatre seulement accède au préscolaire, alors qu'aucun investissement éducatif n'est mieux documenté ni plus rentable. Derrière les moyennes se cache une fracture brutale entre familles riches et pauvres, entre ville et campagne. Le Ghana et le Togo prouvent que l'accès quasi universel relève d'un choix de politique publique.

Pertes du réseau : l'électricité produite qui n'arrive jamais
En Afrique de l'Ouest, une part majeure de l'électricité produite ne franchit jamais le compteur. Avec 58,6 % de pertes au Bénin et 45,8 % au Niger en 2023, contre environ 7 % de moyenne mondiale, la région supporte un gouffre financier que le Ghana, le Sénégal et la Côte d'Ivoire prouvent pourtant surmontable.

Haut débit mobile : la couverture qui ne fait pas l'usage
En Afrique subsaharienne, les réseaux 3G et 4G atteignent désormais près de 9 habitants sur 10, mais seul un quart de la population utilise réellement l'internet mobile. Le vrai frein s'est déplacé de l'antenne vers l'adoption, et le fossé d'usage y est le plus large du monde. Combler cet écart pourrait ajouter des centaines de milliards de dollars au PIB africain.

Pêche et aquaculture : la protéine bleue sous pression
En Afrique de l'Ouest, la pêche nourrit, emploie et fait vivre des millions de personnes, mais ses stocks s'épuisent pendant que la demande explose. Entre captures à bout de souffle et rattrapage aquacole encore embryonnaire, la région joue une part décisive de sa sécurité alimentaire, et elle la joue trop souvent à l'aveugle.

Urbanisation : la bascule ouest-africaine et ses angles morts
L'Afrique de l'Ouest est en train de devenir urbaine, mais ses villes se construisent plus vite que leurs services. Quand deux citadins sur trois vivent sans assainissement géré en sécurité, la ville devient un enjeu de santé publique, pas seulement d'aménagement. Le vrai pilotage se joue quartier par quartier, là où les moyennes nationales ne voient rien.

Élevage et pastoralisme : une richesse mobile de 100 millions de bovins, mal mesurée et sous-financée
Le Sahel et l'Afrique de l'Ouest abritent plus de 100 millions de bovins et font vivre plus de 20 millions de pastoralistes. Pourtant ce capital mobile échappe aux statistiques, aux douanes et au financement public. Documenter précisément cheptels, flux et valeur ajoutée est le préalable à toute politique pastorale crédible.

Eau et assainissement : le socle invisible du développement ouest-africain
En Afrique de l'Ouest, l'eau potable et l'assainissement gérés en toute sécurité restent parmi les plus faibles du monde, avec des écarts brutaux entre pays, entre ville et campagne, entre hommes et femmes. C'est un socle sanitaire, scolaire et économique qui se paie chaque année en vies et en points de PIB. Les trajectoires du Sénégal et du Ghana montrent qu'y remédier relève d'un choix de politique publique, pas d'une fatalité.

Le prix de la connexion : quand un giga coûte une journée de travail
En Afrique de l'Ouest, un panier de données mobiles peut coûter jusqu'à deux jours de travail par mois, quand la cible mondiale fixe le prix acceptable à moins d'une demi-journée. Derrière ce prix se cache la plus grande barrière invisible à l'inclusion numérique de la région, et elle relève de choix de politique publique.

Enseignement secondaire : le maillon négligé du capital humain
En Afrique de l'Ouest, le primaire progresse mais l'escalier vers le secondaire reste cassé. Un adolescent africain sur deux demeure hors du collège, et à peine trois jeunes Béninois sur dix en achèvent le premier cycle. L'exemple du Ghana prouve qu'un système peut retenir ses élèves quand il en fait une priorité.

Transition démographique : la fécondité, clé du dividende ouest-africain
Au sein d'une même Afrique de l'Ouest, la fécondité va de 3,4 enfants par femme au Ghana à 6,06 au Niger. Cet écart d'un à près de deux sépare des pays voisins et décide, à lui seul, qui captera demain le dividende démographique et qui restera écrasé par le poids des personnes à charge.

Cacao : le duopole ivoiro-ghanéen face au défi du revenu, de l'enfance et de la forêt
La Côte d'Ivoire et le Ghana produisent à eux seuls plus de 60 % du cacao mondial, mais leurs producteurs ne captent que 6 à 7 % de la valeur d'une tablette de chocolat, au prix de centaines de milliers d'hectares de forêt et du travail de 1,56 million d'enfants. Le triplement des cours en 2024 ne referme pas ce paradoxe : il le révèle.

Déforestation en Afrique de l'Ouest : le couvert forestier qui s'efface
En une génération, la Côte d'Ivoire a perdu les deux tiers de ses forêts sous la pression du cacao, de l'agriculture et du bois-énergie. Ce n'est pas un cas isolé mais la pointe avancée d'une érosion régionale qui menace la ressource dont dépendent les mêmes économies. Mesurer précisément ce couvert est le préalable à toute politique crédible.

Inclusion financière : le mobile money rebat les cartes
En Afrique de l'Ouest, le mobile money a fait basculer l'inclusion financière en une décennie. Avec 485 millions de comptes et 357 milliards de dollars de transactions en 2024, la région est devenue le laboratoire mondial du paiement numérique. Décryptage data des avancées, des écarts persistants et du coût des reculs.

Ratio élèves-enseignant : la qualité au défi des effectifs
En Afrique de l'Ouest, le nombre d'élèves par enseignant pèse directement sur la qualité des apprentissages. Derrière des moyennes qui s'améliorent lentement se joue un défi de capacité : recruter, former et retenir des enseignants au rythme d'une démographie galopante.

Paludisme en Afrique de l'Ouest : l'incidence recule, le financement décroche
La Région africaine de l'OMS concentre 95 % des cas et 95 % des décès mondiaux du paludisme. Les incidences baissent enfin dans plusieurs pays ouest-africains, mais seuls 42 % de la cible de financement mondial sont couverts. Le risque d'un retournement n'a jamais été aussi concret.

Rendements agricoles : l'écart avec le potentiel reste considérable
En Afrique de l'Ouest, les rendements céréaliers atteignent rarement le tiers de leur potentiel agronomique. Combler cet écart est le levier le plus accessible, et le moins coûteux, de la sécurité alimentaire régionale. L'exemple du Ghana montre que cela relève d'un choix de politique publique, pas d'une fatalité.

Climat et agriculture sahélienne : mesurer la vulnérabilité pour mieux adapter
Au Sahel, plus de 80 % des populations vivent d'une agriculture pluviale exposée à un climat qui se dérègle. Mesurer finement la vulnérabilité, territoire par territoire, est la condition d'une adaptation qui tient.

Gouvernance des données et open data : l'Afrique de l'Ouest face à son retard
L'Afrique a enregistré la plus forte progression mondiale en matière de données ouvertes (+23 % en 2024/25), mais l'Afrique de l'Ouest reste freinée par des infrastructures rares, des données peu exploitables et un socle statistique sous-financé. Au-delà des classements, nous décomposons les mécanismes du retard, le coût de l'inaction et les leviers d'un rattrapage déjà engagé.

Pauvreté des apprentissages : lire pour comprendre, l'urgence oubliée
En Afrique de l'Ouest, les enfants vont à l'école sans apprendre à lire. Derrière des taux de scolarisation devenus presque universels, la majorité des élèves ne maîtrisent pas un texte simple à 10 ans. C'est la crise silencieuse qui hypothèque le développement régional.

Mortalité des moins de cinq ans : la baisse à consolider
Depuis 2000, l'Afrique de l'Ouest a fait reculer la mortalité des enfants, mais le rythme s'essouffle. Entre des écarts régionaux de un à trois et un ralentissement mondial des gains, la question n'est plus de savoir si le progrès est possible, mais comment le consolider.

Le coton ouest-africain : poids économique et dépendance
Le Bénin domine les exportations africaines de coton (525,7 M USD en 2024) sans être le premier producteur, tandis que l'effondrement malien (de 324,7 à 63,0 M USD en un an) rappelle la fragilité d'une filière qui exporte 98 % de sa fibre brute, exposée aux cours mondiaux et à l'insécurité.

Financement climatique : ce que reçoit réellement l'Afrique de l'Ouest
L'Afrique de l'Ouest a besoin de 198,88 milliards de dollars d'ici 2030 pour ses engagements climatiques, mais seulement 7 % ont été mobilisés. Derrière les annonces, une mécanique de prêts et un déficit d'adaptation qui pèsent sur les finances publiques de la région.

Fracture numérique : qui est vraiment connecté en Afrique de l'Ouest
En 2024, le taux de pénétration internet varie de 15,6 % au Niger à 72,2 % au Ghana. Mais le vrai clivage régional n'oppose pas seulement les pays entre eux : il sépare la couverture réseau de l'usage réel, la ville de la campagne, et les hommes des femmes. Décryptage d'une fracture que les moyennes dissimulent.

Dépenses publiques d'éducation : l'effort budgétaire en question
Avec environ 3,6 % du PIB consacrés à l'éducation (moyenne des neuf pays suivis, 2022), l'Afrique de l'Ouest reste sous la moyenne continentale (4,3 %), sous la moyenne mondiale (4,66 %) et sous le plancher de 4 % fixé par le cadre Éducation 2030. Derrière cette moyenne, des écarts de un à dix-sept entre les pays décideront du sort d'une génération d'apprenants, au moment où la population scolarisable explose.

Dépenses de santé : quand le reste à charge appauvrit les ménages
En Afrique de l'Ouest, les ménages financent parfois plus de 70 % des dépenses de santé. Cette dépendance au paiement direct transforme la maladie en facteur d'appauvrissement et fragilise la couverture sanitaire universelle.

Agriculture en Afrique de l'Ouest : premier employeur, contribution au PIB sous-valorisée
L'agriculture occupe de 30 à 73 % de la main-d'œuvre ouest-africaine, mais sa part dans le PIB reste loin derrière son poids dans l'emploi. Ce décalage signe un déficit de productivité que les politiques publiques peuvent corriger, à condition de le mesurer finement.

Émissions de CO2 par habitant : une responsabilité minime, une vulnérabilité maximale
L'Afrique de l'Ouest pèse moins de 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais figure parmi les régions les plus exposées au dérèglement climatique. Ce déséquilibre entre responsabilité et exposition fait de l'adaptation, et de son financement, la priorité politique de la décennie.

Recensements et enquêtes : la matière première de la décision
En Afrique de l'Ouest, les recensements modernes fournissent un socle de connaissance fiable, mais l'état civil reste défaillant : en Afrique subsaharienne, seuls 51 % des naissances d'enfants de moins de cinq ans sont enregistrées, et la région concentre 90 des 150 millions d'enfants non enregistrés dans le monde (UNICEF, 2024). Sans cette matière première, aucune politique publique ne peut être planifiée ni évaluée.

Alphabétisation des jeunes : le socle fragile du capital humain ouest-africain
En Afrique de l'Ouest, le taux d'alphabétisation des jeunes oscille de 50 % au Sahel à plus de 90 % dans le Golfe de Guinée. Derrière ces écarts se joue la capacité de toute une génération à porter la croissance régionale, et un coût de l'inaction chiffré en points de PIB.

Personnel de santé : la densité critique qui freine la couverture
En Afrique de l'Ouest, aucun pays n'approche le seuil de personnel soignant requis pour une couverture sanitaire universelle. Cette pénurie est le verrou silencieux qui neutralise tous les autres investissements en santé.

Importations de riz : la facture de la dépendance alimentaire
L'Afrique de l'Ouest produit plus de riz que jamais, mais importe toujours davantage. Décryptage d'un paradoxe à plusieurs milliards de dollars qui pèse sur la sécurité alimentaire et les budgets publics de la région.

Cuisson propre : l'angle mort de la transition énergétique
Près d'un milliard de personnes en Afrique subsaharienne cuisinent encore sans accès à une énergie propre, au prix d'environ 815 000 décès prématurés par an selon les estimations. En Afrique de l'Ouest, l'écart entre pays va de 44 % d'accès à 1,3 % (2023), et la trajectoire de la Côte d'Ivoire prouve que ce retard n'a rien d'une fatalité. La donnée révèle un angle mort que la transition énergétique ne peut plus ignorer.

Accès à l'électricité en Afrique de l'Ouest : le fossé urbain-rural
En Afrique de l'Ouest, l'électrification progresse dans les villes mais cale dans les campagnes : alors que les zones urbaines atteignent 67 à 98 % d'accès, les zones rurales stagnent entre 10 et 44 %. Ce fossé, et non la moyenne nationale, est le vrai indicateur de l'équité énergétique.

Achèvement du primaire en Afrique de l'Ouest : la marche reste haute
Le fossé entre les pays ouest-africains se creuse : le Ghana (97,5 %) et le Togo (91,22 %) dépassent la cible mondiale quand le Mali (48,43 %) et le Burkina Faso (51,99 %) restent sous la moitié d'une classe d'âge. Lecture des trajectoires, des mécanismes et du coût de l'inaction pour combler l'écart avec l'objectif de 88 %.

Capacité statistique : sans données fiables, pas de politique fiable
En Afrique de l'Ouest, les écarts d'infrastructure numérique, de capital humain et de moyens budgétaires fragilisent les systèmes statistiques nationaux. Or une politique publique ne vaut que ce que valent les données qui la fondent, et l'exemple sénégalais prouve que le retard n'a rien d'une fatalité.

Couverture vaccinale des enfants : qui rattrape, qui décroche
L'Afrique de l'Ouest a globalement retrouvé ses niveaux de vaccination d'avant la pandémie, mais derrière la moyenne se cache une fracture nette entre pays qui rattrapent (Ghana, Sénégal, Burkina Faso) et pays qui décrochent, le Bénin tombant à 44 % de couverture rougeole, l'une des plus basses de la région.

Filles à l'école : où se creusent encore les écarts de genre
En Afrique de l'Ouest, l'écart de genre ne se joue plus seulement à la porte du primaire mais dans l'achèvement des cycles et la qualité des apprentissages. Inscrire les filles ne suffit pas : il faut désormais qu'elles achèvent et apprennent.

Énergies renouvelables dans le mix électrique de la CEDEAO : une transition à plusieurs vitesses
La CEDEAO vise 48 % de renouvelables dans son électricité d'ici 2030, mais le mix régional reste estimé autour de 26 % et masque des écarts vertigineux, de 62,3 % au Mali à 0,26 % au Bénin. Derrière la moyenne, une transition fragmentée que seule une mesure fine, pays par pays, permet de piloter.

Enregistrement des naissances : exister pour compter
En Afrique de l'Ouest, des dizaines de millions d'enfants restent invisibles à l'état civil. La région a pourtant signé le plus fort progrès mondial en quinze ans. Décryptage d'un chantier où l'identité légale conditionne l'accès à tous les droits, et où la mesure fine décide de qui sera atteint.

Mortalité maternelle : des progrès réels, un retard évitable
L'Afrique de l'Ouest a fait reculer la mortalité maternelle, mais le rythme actuel reste loin du compte. L'écart de un à plus de quatre entre pays voisins le prouve : ce retard n'est pas une fatalité, c'est le produit de choix d'investissement et d'organisation des soins.

Maïs, riz, sorgho : où en est la production céréalière ouest-africaine
L'Afrique de l'Ouest aurait produit environ 73,7 millions de tonnes de céréales en 2024, en léger repli selon la FAO, alors même que sa souveraineté alimentaire progresse. Derrière les volumes, un écart de rendement de 60 à 80 % par rapport au potentiel et une facture d'importations record dessinent l'enjeu de la décennie. Décryptage chiffré, du Bénin au Nigeria.

Sous-alimentation en Afrique de l'Ouest : la courbe qui inquiète
Après une prévalence de la sous-alimentation stabilisée à 15 % en 2022 en Afrique de l'Ouest, la trajectoire se tend : plus de 40 millions de personnes en insécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest et Centrale fin 2024, et une projection de 52,7 millions à la soudure de mi-2025 (dont 3,4 millions en Phase 4). Décryptage chiffré d'une courbe qui change de pente, et de ce qu'elle coûte.

Bases de données sectorielles : le chaînon manquant des politiques publiques
Collecter ne suffit pas. Entre l'enquête ponctuelle et le tableau de bord national, il manque souvent l'essentiel : une base de données sectorielle structurée, interopérable et pérenne, capable d'accueillir santé, agriculture, éducation et énergie dans la durée. C'est ce chaînon opérationnel, et non le seul cadre statistique macro, qui décide aujourd'hui de la qualité du pilotage des politiques publiques ouest-africaines.

Mesurer l'égalité de genre dans l'énergie : ce que nous a appris le projet WOCEWA
Avec WOCEWA, le CRAD a conçu pour le CEREEC/ECREEE le premier indice d'égalité de genre des PME des énergies durables des douze pays de la CEDEAO. Un score régional de 48,1 sur 100, et seulement 16 % de PME dirigées par des femmes, révèlent ce qu'aucune anecdote ne montre, et orientent un plan d'action de 18,96 millions USD. Récit d'une mesure qui change la décision des bailleurs.

Un système de suivi-évaluation qui survit au projet : six principes
Trop de dispositifs de suivi-évaluation sont conçus pour le rapport final, pas pour le pilotage, et meurent avec le financement qui les a fait naître. Ce gâchis n'est pas une fatalité : il tient à des choix de conception que six principes permettent de corriger. L'enjeu n'est pas de mesurer davantage, mais de bâtir un instrument utile, parcimonieux et approprié, qui continue de servir la décision longtemps après le départ du bailleur.

Terrain connecté : comment la donnée numérique transforme les filières agricoles
Pendant des décennies, évaluer une filière agricole supposait des mois entre l'enquête de terrain et les premiers résultats. La bascule du papier vers la collecte numérique mobile (ODK, KoboToolbox, CommCare, Survey Solutions) raccourcit ce délai à quelques heures et fiabilise la donnée à la source. Sur des économies où l'agriculture occupe 35 à 73 % des actifs, ce n'est pas un gain technique : c'est la condition d'un pilotage des filières à la hauteur de leurs enjeux.

Construire une surveillance sanitaire qui tient dans la durée
Trop de dispositifs de surveillance sanitaire s'effondrent à la fin du projet qui les a financés. En Afrique de l'Ouest, un système national de santé sur trois reste suspendu à l'aide extérieure, et la densité de personnel se situe loin du seuil de l'OMS. La durabilité d'une surveillance ne se décrète pas : elle se conçoit, dès le premier jour, pour le moment où le bailleur se retire.

Évaluer les acquis scolaires sans trahir le terrain : l'approche sensible au genre
En Afrique de l'Ouest, scolariser ne suffit plus : près de neuf enfants sur dix ne savent pas lire un texte simple à dix ans. Le vrai chantier est désormais de mesurer ce que les élèves apprennent réellement, avec une rigueur méthodologique et une attention au genre qui ne trahissent pas le terrain. Une évaluation mal conçue produit de fausses certitudes, et l'argent public se trompe de cible.
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