Agriculture

Élevage et pastoralisme : une richesse mobile de 100 millions de bovins, mal mesurée et sous-financée

Élevage et pastoralisme : une richesse mobile de 100 millions de bovins, mal mesurée et sous-financée

C'est une richesse qui marche. Pour les six principaux pays d'élevage sahélo-sahéliens (Tchad, Niger, Nigeria, Mali, Burkina Faso, Sénégal), le cheptel bovin est passé de 45,8 millions de têtes en 2000 à 105,4 millions en 2023 selon FAOSTAT, une croissance qui dépasse largement celle de la population. À l'échelle régionale, l'Afrique de l'Ouest et le Sahel comptent quelque 112 millions de bovins, 170 millions d'ovins et 224 millions de caprins. Ce capital sur pattes fait vivre plus de 20 millions de pastoralistes, sert d'épargne et d'assurance à près de la moitié des ménages de la région, et pèse jusqu'à 44 % du PIB agricole des pays sahéliens. Et pourtant, cette richesse est parmi les plus mal connues du continent : la FAO elle-même juge ses propres chiffres de cheptel peu fiables, les flux commerciaux échappent aux douanes, et le secteur reçoit une fraction dérisoire des budgets agricoles. On ne finance pas, et on ne protège pas, ce que l'on ne mesure pas.

Un capital sur pattes de plus de 100 millions de têtes

La géographie du bétail ouest-africain oppose deux mondes. D'un côté, les pays sahéliens producteurs, où le cheptel est immense au regard de la population humaine ; de l'autre, les pays côtiers consommateurs, moins bien dotés en troupeaux mais riches en marchés urbains. En 2023, le Tchad domine le classement régional avec 37,6 millions de bovins, devant le Nigeria (20,9 millions) et le Niger (19,2 millions). Le Bénin, avec 2,5 millions de têtes, se situe parmi les pays côtiers à cheptel modeste, à un niveau comparable au Ghana et à la Côte d'Ivoire. Cette hiérarchie du nombre est le socle de toute l'économie pastorale : elle dessine les zones d'où partent les animaux et celles vers lesquelles ils convergent.

Cheptel bovin par pays (2023)millions de têtesTchad37.6Nigeria20.9Niger19.2Mali13.6Burkina Faso10.1Senegal3.8Benin2.5Ghana2.3Cote d'Ivoire1.9Togo0.5Source : FAOSTAT, 2023
Le Tchad concentre à lui seul plus du tiers du cheptel régional, davantage que le Nigeria et le Niger réunis. Cette concentration au Sahel est le point de départ d'une économie de flux : les animaux naissent là où l'herbe est disponible, mais se vendent là où se trouvent les villes.

Le paradoxe sahélien : plus de bêtes ne veut pas dire plus de valeur

La richesse en têtes ne se convertit pas mécaniquement en valeur ajoutée, et c'est là que le tableau se complique. Le Nigeria, avec ses 20,9 millions de bovins, ne produit que 319 000 tonnes de viande bovine en 2023, quand le Tchad, à peine mieux doté en têtes, en produit 550 000. Autrement dit, un cheptel numériquement comparable peut rendre du simple au double selon les races, l'alimentation, l'âge d'abattage et l'organisation des filières. La productivité par animal, et non le seul nombre de têtes, est le vrai indicateur de performance d'un système d'élevage, et c'est précisément celui que les statistiques régionales peinent le plus à saisir.

Production de viande bovine par pays (2023)milliers de tonnes0200400600550.5Tchad319.4Nigeria132.2BurkinaFaso84.8Senegal71.3Niger59.5Mali43Benin36.4Coted'Ivoire30.6Ghana8.7TogoSource : FAOSTAT, 2023
Comparé au classement du cheptel, ce graphique révèle le paradoxe : le Nigeria, deuxième par le nombre de bovins, ne produit que 319 000 tonnes de viande, loin derrière le Tchad. Le nombre de têtes surestime la richesse réelle d'un système d'élevage dont la productivité par animal reste basse.

Un essor sahélien spectaculaire, mais pas partout

L'expansion du cheptel sahélien est l'un des faits économiques majeurs, et pourtant discrets, du quart de siècle écoulé. Le Tchad a plus que doublé son troupeau bovin depuis 2010, passant de 19,2 à 37,6 millions de têtes. Le Niger a suivi la même trajectoire, de 9,0 millions en 2010 à 19,2 millions en 2023. Cette croissance rapide traduit à la fois une dynamique démographique des troupeaux et, sans doute, une meilleure prise en compte statistique. À l'inverse, le Nigeria affiche une croissance beaucoup plus lente (16,6 millions en 2010, 20,9 en 2023), et le Burkina Faso montre une trajectoire heurtée, marquée par un recul entre 2015 et 2020 qui reflète l'insécurité et les chocs climatiques dans ses zones pastorales.

Évolution du cheptel bovin sahélien, 2000-2023millions de têtesTchadNigerMaliBurkina Faso010203040200020052010201520202023Source : FAOSTAT, 2023
Le Tchad et le Niger ont vu leur cheptel plus que doubler en une décennie, une croissance exceptionnelle. Mais la courbe heurtée du Burkina Faso, qui recule entre 2015 et 2020, rappelle que cet essor reste fragile, exposé à l'insécurité et à la sécheresse.

Une économie de la mobilité : transhumance et corridors commerciaux

Le système pastoral ouest-africain repose sur un principe simple et ancien : le mouvement. La transhumance saisonnière conduit les troupeaux vers les pâturages là où ils se trouvent, du nord vers le sud à la saison sèche, en sens inverse aux premières pluies. À cette mobilité écologique se superpose une mobilité commerciale, du Sahel producteur vers les villes côtières consommatrices. Trois grands bassins structurent ce commerce régional : un axe Ouest alimentant le Sénégal, un axe Central irriguant le Ghana et la Côte d'Ivoire, un axe Est orienté vers le Nigeria. Près des deux tiers des animaux commercialisés traversent au moins une frontière avant d'atteindre le consommateur.

Ce commerce transfrontalier n'est pas un phénomène marginal : c'est l'ossature de l'approvisionnement en protéines animales de toute la région. Le pastoralisme transhumant fournit à lui seul environ 65 % du bœuf produit en Afrique de l'Ouest, 40 % de la viande de petits ruminants et 70 % du lait. Loin d'être un archaïsme, la mobilité est le mode de production le plus adapté à des milieux arides où la ressource fourragère est, par nature, dispersée et imprévisible. La combattre reviendrait à saper la première source de viande de la région.

Part du bœuf régional issue du pastoralisme transhumant65%du bœuf produit en Afrique de l'Ouest provient de la transhumanceSource : African Journal of Range & Forage Science, 2022
Près de deux tiers du bœuf régional proviennent de troupeaux mobiles. Ce chiffre suffit à disqualifier toute politique qui traiterait la transhumance comme un problème à éradiquer plutôt que comme un système productif à sécuriser.

Les petits ruminants et le lait, l'autre visage du cheptel

Réduire l'élevage sahélien aux bovins serait une erreur d'analyse. Les petits ruminants, moutons et chèvres, constituent une richesse tout aussi stratégique, plus accessible aux ménages modestes et plus rapide à reconstituer après un choc. Le Nigeria en compte à lui seul 140,8 millions de têtes en 2023, devant le Tchad (98 millions) et le Mali (55,5 millions). Ce sont ces animaux, faciles à vendre en cas de coup dur, qui jouent le rôle d'épargne de précaution pour les familles rurales. Ils incarnent le mieux la fonction assurantielle du bétail, cette capacité à convertir instantanément un actif en liquidités quand la récolte manque ou qu'une dépense s'impose. Près de la moitié de la population de la région possède ainsi du bétail, ce qui fait de l'animal le compte d'épargne le plus répandu d'Afrique de l'Ouest.

Près de la moitié de la population de la région possède du bétail. C'est le compte d'épargne le plus répandu d'Afrique de l'Ouest, et le moins bien recensé.

Le lait, ou comment une richesse locale se laisse déclasser

Le lait raconte à lui seul le gâchis d'une richesse mal valorisée. Le Niger produit 923 800 tonnes de lait de vache en 2023, le Nigeria 526 500, le Mali 311 400 : la matière première existe, en abondance. Le Bénin lui-même en produit 136 900 tonnes. Mais faute de collecte organisée, de chaîne du froid et de transformation locale, ce lait peine à atteindre les consommateurs urbains dans des conditions compétitives. Le vide est comblé par les poudres de lait importées d'Europe, moins chères à l'achat mais qui asphyxient la filière locale et font sortir des devises.

Production de lait de vache par pays (2023)milliers de tonnes02505007501 000923.8Niger526.5Nigeria311.4Mali263.3Chad230Senegal229.8BurkinaFaso136.9Benin50.5Ghana37.8Coted'Ivoire12.8TogoSource : FAOSTAT, 2023
Le Niger produit près d'un million de tonnes de lait par an, davantage que plusieurs pays côtiers réunis. Le problème n'est donc pas la production mais la collecte : sans chaîne du froid ni transformation locale, cette ressource laisse la place aux poudres importées.

Les chiffres de l'auto-suffisance laitière sont éloquents. Au Sénégal, la part du lait consommé d'origine locale est tombée de 41 % en 2000 à 20 % en 2018. Au Ghana, la chute est plus vertigineuse encore, de 52 % en 1996 à 15 % en 2018. En moins d'une génération, deux pays ont laissé les importations prendre le contrôle d'un marché que leur propre cheptel pourrait alimenter. Ce recul n'est pas une fatalité agronomique : c'est le résultat d'une absence d'organisation de la collecte et d'une politique commerciale qui n'a pas protégé la production nationale.

Chute de l'auto-suffisance laitière sous la pression des poudres importées% du lait consommé d'origine localeSenegalGhana020406020002018Source : Cirad / Institut Thünen, 2020
En moins de vingt ans, l'auto-suffisance laitière du Sénégal et du Ghana a été divisée par deux ou trois. La ligne descendante mesure une souveraineté alimentaire qui s'érode, faute d'avoir organisé la collecte du lait local face aux poudres importées.

Le poids économique réel : un secteur stratégique et pourtant invisible

Que pèse vraiment l'élevage dans les économies de la région ? Dans les pays sahéliens, l'élevage peut représenter jusqu'à 44 % du PIB agricole, contre environ 5 % seulement dans les pays côtiers, un écart régional considérable. Le poids du monde rural, dont l'élevage est une composante centrale au Sahel, se lit dans la part de l'agriculture au sens large dans le PIB : 44 % au Niger, 31,4 % au Mali, 27,7 % au Nigeria, contre 15,9 % en Côte d'Ivoire. Ces ordres de grandeur situent l'élevage parmi les tout premiers secteurs économiques sahéliens, à égalité ou presque avec les plus gros contributeurs nationaux. Ce poids économique de premier plan contraste violemment avec la place marginale du secteur dans les budgets publics, un décalage qui résume à lui seul le sous-investissement pastoral.

À l'exportation, le bétail est l'un des rares produits pour lesquels l'Afrique de l'Ouest dégage des excédents commerciaux intra-régionaux. La valeur des exportations de bétail de la CEDEAO est estimée à environ 800 millions de dollars par an, dont une large part échappe pourtant aux statistiques officielles. C'est un moteur d'intégration régionale de premier ordre : le Sahel vend ses animaux, la côte lui achète sa viande, et la monnaie circule d'un pays à l'autre. Peu de filières illustrent aussi concrètement l'interdépendance des économies ouest-africaines.

Le coût de l'inaction : sous-investissement, lait perdu et conflits

Le contraste est saisissant entre le poids économique du secteur et l'attention publique qu'il reçoit. L'élevage capte en moyenne à peine 10 % des dépenses agricoles, soit de l'ordre de 1 % des budgets nationaux au Sahel, alors qu'il représente une part majeure de la valeur ajoutée rurale. Ce sous-investissement chronique a un prix, et il se paie sur plusieurs fronts simultanément : une santé animale insuffisamment surveillée, des infrastructures de marché défaillantes, une collecte laitière inexistante et, plus grave encore, une compétition croissante pour des ressources non aménagées.

Cette pression sur les pâturages et les points d'eau alimente les conflits entre éleveurs et agriculteurs, dont le bilan humain est devenu tragique. Au Nigeria, ces affrontements ont fait plus de 19 000 morts depuis 1999. Derrière ce chiffre se cache l'échec d'une gestion partagée de l'espace : quand les couloirs de transhumance ne sont ni cartographiés ni sécurisés, quand l'expansion agricole grignote les parcours sans concertation, la violence prend le relais des règles absentes. Le coût de l'inaction ne se mesure donc pas seulement en manque à gagner économique, mais en vies humaines.

  • Un financement dérisoire. L'élevage reçoit environ 10 % des dépenses agricoles, soit près de 1 % des budgets nationaux sahéliens, sans commune mesure avec son poids réel (jusqu'à 44 % du PIB agricole).
  • Une souveraineté laitière qui s'érode. Faute de collecte organisée, l'auto-suffisance en lait s'effondre (Sénégal de 41 % à 20 %, Ghana de 52 % à 15 %) au profit des poudres importées.
  • Un coût humain lourd. Les conflits éleveurs-agriculteurs ont fait plus de 19 000 morts au Nigeria depuis 1999, faute d'aménagement et de sécurisation des ressources pastorales.

Ce que les moyennes cachent : inégalités et économie informelle

Comme souvent, les chiffres nationaux lissent des réalités extrêmement contrastées. Derrière l'image d'une société pastorale homogène se cache une inégalité de patrimoine considérable : au Sahel, environ 15 % des ménages détiennent 70 % des grands troupeaux, tandis que la majorité des petits éleveurs, propriétaires de quelques têtes seulement, restent très vulnérables aux sécheresses. Une mauvaise saison, et c'est tout leur capital qui fond. Traiter les pastoralistes comme un groupe indistinct, c'est passer à côté de ceux qui ont le plus besoin d'appui, et concevoir des politiques qui bénéficient surtout aux mieux dotés.

Les moyennes masquent aussi une part énorme de l'activité : l'économie informelle. Selon plusieurs experts, les statistiques officielles ne captureraient qu'environ un tiers de la valeur réelle des échanges transfrontaliers de bétail. Autrement dit, les deux tiers de ce commerce se déroulent hors de tout enregistrement, échappant aux douanes comme aux comptes nationaux. Un secteur dont la majeure partie de la valeur est invisible ne peut être ni correctement fiscalisé, ni correctement défendu dans l'arbitrage budgétaire. L'invisibilité statistique se traduit directement en invisibilité politique.

Les statistiques officielles ne capteraient qu'environ un tiers de la valeur réelle du commerce transfrontalier de bétail. Les deux tiers restants sont une richesse que personne ne compte, et que personne ne protège.

Mesurer la richesse mobile : l'angle CRAD

Le problème central du pastoralisme ouest-africain n'est pas tant sa réalité que sa mesure. Les chiffres de cheptel eux-mêmes sont jugés peu fiables par la FAO, les estimations divergent fortement d'une source à l'autre, et les flux commerciaux transfrontaliers restent largement dans l'angle mort des statistiques. Le meilleur effort de suivi existant, la base de données du CILSS, a enregistré 42 251 mouvements d'animaux sur des corridors sélectionnés entre 2013 et 2017 : un travail précieux, mais qui ne couvre qu'une fraction des routes et des années. Ce déficit de données n'est pas une curiosité technique, c'est le verrou qui bloque toute politique pastorale sérieuse.

C'est précisément ce déficit que le CRAD est outillé pour combler. La collecte de données numérique de terrain permet de recenser les troupeaux et de suivre leur composition avec une précision que les recensements décennaux n'atteignent jamais. Le suivi géolocalisé des marchés et des corridors de transhumance transforme des flux invisibles en séries de données exploitables. Enfin, des systèmes de suivi-évaluation robustes permettent de mesurer, filière par filière et zone par zone, la valeur ajoutée réellement créée. Documenter précisément cheptels, flux et valeur ajoutée n'est pas un exercice académique : c'est le préalable à toute politique pastorale crédible et à un plaidoyer efficace pour un meilleur financement du secteur.

L'enjeu dépasse la statistique. Cartographier finement les couloirs de transhumance, c'est se donner les moyens de prévenir les conflits en amont. Suivre les marchés en temps quasi réel, c'est pouvoir anticiper les crises de prix et les mouvements de bétail en période de sécheresse. Désagréger les données par taille de troupeau et par sexe du propriétaire, c'est cibler l'appui public vers les éleveurs vulnérables plutôt que vers les mieux nantis. La donnée pastorale, quand elle est géolocalisée, désagrégée et reconduite dans le temps, cesse d'être un chiffre pour devenir un instrument de politique publique.

Du constat à la décision

Le pastoralisme sahélien et ouest-africain concentre un paradoxe qui résume bien des défis du continent : une richesse immense, ancienne, profondément adaptée à son milieu, mais si mal mesurée qu'elle en devient politiquement fragile. Plus de 100 millions de bovins, plus de 20 millions de personnes qui en vivent, jusqu'à 44 % du PIB agricole sahélien, et pourtant à peine 1 % des budgets nationaux. Cette dissonance entre le poids réel et l'attention publique ne se corrigera pas par des déclarations, mais par des données qui rendent enfin le secteur visible.

La séquence est claire : d'abord mesurer, ensuite financer, enfin sécuriser. On ne peut pas défendre dans un arbitrage budgétaire un secteur dont on ignore la valeur ; on ne peut pas prévenir des conflits sur des ressources qu'on n'a pas cartographiées ; on ne peut pas cibler l'appui sans données désagrégées. Faire de la richesse mobile de l'élevage une richesse comptée, c'est la première marche vers une richesse mieux protégée et mieux partagée.

À retenir

  • Le cheptel bovin des six grands pays d'élevage sahéliens est passé de 45,8 millions de têtes en 2000 à 105,4 millions en 2023 (FAOSTAT), une croissance plus rapide que la population.
  • La richesse en têtes ne fait pas la valeur : le Nigeria (20,9 M de bovins) ne produit que 319 000 t de viande, contre 550 000 t pour le Tchad, à cheptel comparable.
  • Le pastoralisme transhumant, loin d'être un archaïsme, fournit environ 65 % du bœuf, 40 % de la viande de petits ruminants et 70 % du lait de la région.
  • Le secteur est massivement sous-financé (environ 1 % des budgets nationaux) et sous-mesuré : les statistiques ne capteraient qu'un tiers de la valeur des échanges transfrontaliers.
  • Le coût de l'inaction se paie en souveraineté laitière perdue (Sénégal de 41 % à 20 %) et en vies humaines (plus de 19 000 morts dans les conflits nigérians depuis 1999).

Recommandations aux décideurs ouest-africains

  1. Bâtir des systèmes de recensement du cheptel par collecte numérique de terrain, reconduits régulièrement, pour remplacer des estimations que la FAO elle-même juge peu fiables et fonder les politiques sur des chiffres solides.
  2. Cartographier et sécuriser les couloirs de transhumance et les points d'eau, en s'appuyant sur des données géolocalisées, afin de prévenir en amont les conflits éleveurs-agriculteurs plutôt que d'en subir le coût humain.
  3. Aligner le financement public sur le poids réel du secteur, en portant la part de l'élevage bien au-delà des 10 % actuels des dépenses agricoles, à la hauteur de sa contribution au PIB agricole.
  4. Organiser la collecte et la transformation du lait local (chaîne du froid, centres de collecte, mini-laiteries) pour enrayer la chute de l'auto-suffisance laitière face aux poudres importées.
  5. Étendre et pérenniser le suivi des flux de bétail sur les corridors régionaux, dans le prolongement du travail du CILSS, pour rendre visible et fiscalisable l'économie informelle transfrontalière.
  6. Désagréger systématiquement les données pastorales par taille de troupeau et par sexe du propriétaire, afin de cibler l'appui public vers les petits éleveurs vulnérables et non vers les 15 % de ménages qui détiennent 70 % des grands troupeaux.

Sources

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