Agriculture

Maïs, riz, sorgho : où en est la production céréalière ouest-africaine

Maïs, riz, sorgho : où en est la production céréalière ouest-africaine

La question n'est pas de savoir si l'Afrique de l'Ouest produit plus de céréales, car elle en produit. La vraie question est de savoir si elle en produit assez vite. En 2024, la région aurait récolté environ 73,7 millions de tonnes de maïs, de riz, de sorgho et de mil selon les estimations de la FAO, soit près de 700 000 tonnes de moins qu'en 2023. Ce repli conjoncturel masque une tension de fond bien plus lourde de conséquences : pendant que les surfaces s'étendent et que l'autosuffisance subsaharienne grimpe de 84 % (2010) à 92 % (2020), les rendements ouest-africains restent bloqués autour de 1,2 tonne par hectare, soit 20 à 40 % seulement de ce que les sols permettraient. Le système court, mais il court derrière une demande qui, elle, accélère. Comprendre cet écart, c'est comprendre où placer chaque franc d'investissement public de la prochaine décennie.

Un recul conjoncturel sur fond de progrès structurel

Le repli de 2024 ne doit pas masquer la trajectoire de fond. Si la région aurait perdu près de 700 000 tonnes pour s'établir autour de 73,7 millions de tonnes selon la FAO, sous l'effet de déficits pluviométriques et d'inondations qui ont frappé le Nigeria, le Mali et le Bénin, l'autosuffisance céréalière de l'Afrique subsaharienne a progressé de 84 % (2010) à 92 % (2020), et cela malgré une hausse de 29 % de la population sur la période. La performance est réelle. Mais sa composition révèle une fragilité : selon les travaux publiés dans la revue PNAS, cette progression de la production entre 2010 et 2020 tient pour 44 % à la hausse des rendements, pour 34 % à l'expansion des superficies et pour 22 % à un simple glissement des cultures (du mil vers le maïs). Autrement dit, plus de la moitié des gains ne vient pas d'une meilleure productivité des sols, mais du fait de cultiver davantage de terres, un levier par nature limité.

44%vient des rendementsSource : PNAS, Prospects for cereal self-sufficiency in sub-Saharan Africa, 2025
Décomposition de la hausse de production céréalière subsaharienne entre 2010 et 2020. Moins de la moitié provient d'une réelle intensification des rendements, le reste reposant sur l'extension des surfaces et un changement de cultures, deux leviers à bout de souffle.

Le panorama régional confirme une concentration extrême de la production. Sur l'année de référence commune 2023, dernier millésime disponible pour l'ensemble des pays dans les données de la Banque mondiale, neuf pays structurent l'offre ouest-africaine. Le Nigeria écrase le classement, suivi de loin par le Mali, puis par un peloton resserré où figurent le Ghana, le Burkina Faso et le Niger. Le Bénin, avec 2,74 millions de tonnes, occupe une place modeste en volume, mais sa dynamique récente, on le verra, est l'une des plus favorables de la région.

Production céréalière par pays ouest-africain (2023)Millions de tonnes (2023)Nigeria28.05Mali9.98Ghana5.77Burkina Faso5.15Niger5.06Sénégal4.25Côte d'Ivoire3.39Bénin2.74Togo1.51Source : Banque mondiale, Cereal production (AG.PRD.CREL.MT), 2023
Comparaison des neuf principaux pays sur l'année de référence commune 2023. Le Nigeria domine très largement le panel, avec 28,05 millions de tonnes, soit davantage que les huit autres pays réunis.

L'écart de rendement : la fatalité qui n'en est pas une

Le chiffre le plus important de cet article n'est pas un volume, c'est un écart. En 2020, le rendement céréalier moyen de l'Afrique de l'Ouest s'établissait à environ 1,2 tonne par hectare, contre 1,5 pour l'ensemble de l'Afrique subsaharienne et 2,0 pour l'Afrique de l'Est et australe, selon les données mobilisées par PNAS. Or les mêmes travaux estiment que les rendements réels ne représentent que 20 à 40 % du potentiel agronomique des sols ouest-africains, compte tenu de la pluviométrie disponible. Le grain ne manque pas de terre ni d'eau : il manque d'engrais, de semences améliorées et de pratiques agronomiques. La comparaison avec l'Afrique de l'Est et australe, qui a porté son autosuffisance de 80 % à 96 % sur la décennie, démontre que la stagnation ouest-africaine n'a rien d'une fatalité géographique. C'est un écart de politique publique, donc un écart que la décision peut combler.

Rendement céréalier comparé en Afrique subsaharienne (2020)Tonnes par hectare00.511.521.2Afrique de l'Ouest1.5Afrique subsaharienne2Afrique Est et australeSource : PNAS, Prospects for cereal self-sufficiency in sub-Saharan Africa, 2025
Rendement céréalier moyen en 2020 : l'Afrique de l'Ouest reste très en deçà de ses voisins de l'Est et australe, et plus encore de son propre potentiel agronomique. L'écart n'est pas climatique mais agronomique et institutionnel.

Ce déficit de rendement a une cause directe et mesurable : la fertilisation. L'Afrique subsaharienne n'apporte en moyenne que 24 kilogrammes d'azote par hectare, ce qui ne couvre que 68 % des besoins des cultures selon PNAS. Pour atteindre l'autosuffisance en 2050 sans étendre les surfaces, il faudrait porter cet apport à environ 75 kilogrammes par hectare, soit plus du triple. Le Sommet africain sur les engrais et la santé des sols, tenu en 2024, a précisément reconnu ce verrou. Mais entre l'engagement politique et l'épandage réel dans le champ d'un producteur béninois, l'écart reste entier.

Le Nigeria, locomotive et facteur de risque régional

Avec environ 28 millions de tonnes par an (28,05 Mt en 2023, 28,47 Mt en 2024 selon la Banque mondiale), le Nigeria pèse à lui seul de l'ordre de 37 % de la production céréalière ouest-africaine et produit davantage que les huit autres pays du panel réunis. Cette domination est aussi une vulnérabilité collective : tout choc de production nigérian se répercute mécaniquement sur l'ensemble du marché régional, car aucun voisin n'a la masse suffisante pour amortir un déficit nigérian. La structure même de cette production est révélatrice. En 2023/24, le maïs y atteindrait environ 11,8 millions de tonnes, en repli de 7,3 % sous l'effet de l'insécurité dans les zones de production du Nord, le sorgho 6,7 millions et le riz usiné 5,2 millions selon le service agricole de l'USDA, pour un total d'environ 23,7 millions de tonnes sur ces trois céréales. Si le maïs domine en volume, le sorgho, souvent considéré comme une culture de second rang, conserve une place de premier plan, ce qui souligne son ancrage dans les systèmes agricoles sahéliens et sa valeur de filet de sécurité climatique.

Production de maïs, riz et sorgho au Nigeria (2023/24)Millions de tonnes (campagne 2023/24)05101511.8Maïs6.7Sorgho5.2Riz (usiné)Source : USDA Foreign Agricultural Service, base PSD, campagne 2023/24
Au Nigeria, le maïs domine en volume sur la campagne 2023/24, devant le sorgho et le riz, ce dernier restant la céréale la plus déficitaire face à la consommation. Estimations USDA, sujettes à révision selon les campagnes.

Le Bénin : une trajectoire de croissance portée par le maïs

Au cœur de notre périmètre, le Bénin illustre une dynamique positive à contre-courant du repli régional. Selon la Banque mondiale, la production céréalière nationale a atteint 2,91 millions de tonnes en 2024, contre 2,74 millions en 2023, soit un gain net de près de 170 000 tonnes en une seule campagne. Le maïs représente plus de 75 % de ce volume, confirmant son statut de pilier de la sécurité alimentaire béninoise. Mais ce résultat repose largement sur les surfaces : les terres sous céréales du pays ont atteint un sommet historique d'environ 2,43 millions d'hectares en 2023 selon les données reprises par CEIC. Or le rendement maïsicole béninois moyen plafonne autour de 1,35 tonne par hectare selon une étude publiée dans ScienceDirect, l'un des plus bas de sa catégorie, expliqué par un accès insuffisant aux intrants et au capital et par un environnement institutionnel encore fragile.

Le Bénin gagne du volume en labourant plus de terres, pas en faisant mieux pousser chaque hectare. C'est exactement le modèle que les données régionales montrent à bout de souffle.

Cette croissance par les surfaces appelle une vigilance précise. Tant que le rendement reste bloqué autour de 1,35 tonne par hectare, chaque tonne supplémentaire exige une nouvelle parcelle défrichée, au prix du couvert forestier et de la fertilité des sols. Les projections de long terme prolongent d'ailleurs cette logique : selon certains scénarios prospectifs, les superficies de maïs pourraient s'étendre jusqu'à 2,5 millions d'hectares à l'horizon 2050. L'enjeu pour le Bénin n'est donc pas de cultiver plus large, mais de cultiver mieux. À titre illustratif, combler ne serait-ce que la moitié de l'écart avec le rendement subsaharien moyen (1,5 t/ha) suffirait à dégager un volume supplémentaire substantiel sans toucher un hectare de plus.

Évolution de la production céréalière du Bénin (2023-2024)Millions de tonnes012320232024Source : Banque mondiale, Cereal production (AG.PRD.CREL.MT), Bénin
Le Bénin gagne près de 170 000 tonnes entre 2023 et 2024 selon la Banque mondiale, à rebours de la tendance régionale baissière. Une progression réelle, mais portée par les surfaces plus que par les rendements.

Le coût de l'inaction : une demande qui double, une facture qui explose

Si la productivité ne décolle pas, l'arithmétique devient implacable. Les travaux de PNAS chiffrent la demande céréalière subsaharienne supplémentaire à l'horizon 2050 à 98 millions de tonnes par rapport à 2020, dont 63 millions pour la seule Afrique de l'Ouest, principal foyer démographique du continent. Pour absorber cette demande sans nouvelles terres, le rendement subsaharien devrait atteindre 3,2 tonnes par hectare, ce qui supposerait une progression annuelle de 58 kilogrammes par hectare, contre seulement 20 aujourd'hui. Pour l'Afrique de l'Ouest, l'effort à fournir équivaut à 7,4 fois la tendance actuelle de croissance des rendements. À défaut, le scénario de prolongement des tendances impliquerait d'étendre les surfaces de 14,3 millions d'hectares supplémentaires sur la seule région, au détriment direct des forêts et des savanes.

L'alternative à la production locale, ce sont les importations, et leur coût est déjà documenté. La FAO estime la facture d'importations alimentaires de l'Afrique subsaharienne à 62,8 milliards de dollars en 2024, avec une prévision de 65 milliards en 2025, soit une hausse de 4 % et une troisième année consécutive de progression. Les céréales en sont le premier poste : à elles seules, elles pèseraient environ 21,9 milliards de dollars, près d'un tiers du total. Chaque tonne non produite localement est une tonne payée en devises, qui creuse la balance commerciale, expose les ménages à la volatilité des cours mondiaux et finance l'emploi agricole d'autres continents. Le coût de l'inaction n'est pas hypothétique : il se lit chaque année dans les comptes extérieurs de la région.

Facture d'importations alimentaires de l'Afrique subsaharienneMilliards de dollars USTotal importations alimentairesdont céréales (2025)02040608020242025 (prév.)Source : FAO, perspectives alimentaires, 2025 ; 2025 = prévision
La facture d'importations alimentaires de l'Afrique subsaharienne progresse pour la troisième année consécutive selon la FAO. Les céréales en représentent près d'un tiers, soit l'équivalent d'un transfert massif d'emplois agricoles vers d'autres continents.

Le riz, miroir grossissant de la dépendance

Aucune céréale n'illustre mieux l'enjeu que le riz, dont la consommation explose dans les villes ouest-africaines tandis que la production peine à suivre. Réuni à Accra les 2 et 3 juin 2026, le Rice Investment Roundtable a posé un diagnostic sans détour : le rendement rizicole régional moyen ne dépasse pas 2,1 tonnes par hectare, là où l'objectif de la Déclaration d'Accra vise 4,1 tonnes par hectare d'ici 2035, soit un quasi-doublement. Le plan ambitionne de doubler la production de paddy, de ramener les pertes après récolte sous les 10 % et de réduire la dépendance aux importations à moins de 15 %. Pour amorcer cette transformation, 1,54 milliard de dollars d'engagements financiers indicatifs ont été mobilisés lors du Roundtable, le Togo et le Nigeria s'imposant comme les premiers bénéficiaires avec environ 707,5 millions de dollars d'engagements à eux deux. À ces promesses du Roundtable s'ajoutent, distinctement, des financements propres de la Banque mondiale récemment approuvés en faveur de l'agriculture régionale (de l'ordre de 500 millions de dollars pour le Nigeria et de 300 millions pour le Togo, voisin immédiat du Bénin), qui relèvent de programmes séparés et non d'une décomposition du montant du Roundtable. Le signal est clair : la souveraineté rizicole est désormais traitée comme un objectif chiffré et financé, plus comme une intention.

Pour le Bénin, ce contexte régional est à la fois une menace et une opportunité. Une menace, car le pays reste importateur net de riz, dépendant des cours mondiaux et des politiques de ses voisins. Une opportunité, car la position géographique du Bénin, charnière entre le Nigeria et le Sahel, en fait un corridor logistique naturel pour le grain régional, à condition que les barrières commerciales tombent.

Voisins du Bénin : des modèles céréaliers contrastés

Le tour d'horizon des pays voisins révèle des spécialisations distinctes, qui dessinent un potentiel de complémentarité régionale aujourd'hui sous-exploité. Le Mali a produit près de 9,98 millions de tonnes en 2023 selon la Banque mondiale, avec un mix dominé par le maïs et le riz, et s'impose comme le grenier sahélien. La Côte d'Ivoire affirme sa montée en puissance rizicole, avec une production céréalière de 3,39 millions de tonnes en 2023 et un riz usiné en expansion, signe d'une capacité domestique qui se renforce. Le Sénégal, enfin, a produit environ 4,25 millions de tonnes de céréales en 2023, riz et maïs en tête, malgré des contraintes pluviométriques pesant sur les rendements. Chaque pays compose ainsi son propre équilibre entre céréales humides et céréales sèches, mais ces équilibres restent largement cloisonnés par des frontières que le grain franchit mal.

Les freins qui demeurent : commerce, intrants, climat

Trois obstacles structurels limitent encore le potentiel régional, et ils se renforcent mutuellement.

  • Le commerce fragmenté : des politiques commerciales restrictives entravent la mobilité du grain d'un pays à l'autre, empêchant un marché qui gagnerait à fonctionner comme un ensemble. Un excédent malien ne soulage pas un déficit béninois si le grain ne peut circuler librement.
  • L'accès aux intrants : l'apport d'azote reste bloqué à 24 kg/ha en moyenne subsaharienne, ne couvrant que 68 % des besoins des cultures, malgré le Sommet africain sur les engrais et la santé des sols de 2024.
  • L'érosion de la diversité : le sorgho et le mil, pourtant tolérants à la sécheresse, voient leur part de production reculer au profit du maïs, ce qui réduit la résilience climatique des systèmes au moment où les aléas s'intensifient.

Sur le plan humain, l'addition de ces freins se paie cher : l'insécurité alimentaire aurait touché de l'ordre de 49,5 millions de personnes dans la région en 2024 selon les analyses du Cadre Harmonisé, rappel que les volumes produits ne suffisent pas, à eux seuls, à garantir l'accès de tous à l'alimentation. Produire et nourrir ne sont pas synonymes.

Ce que les moyennes nationales dissimulent

Une production nationale de 2,91 millions de tonnes est un chiffre rassurant. C'est aussi un chiffre trompeur. Il fond dans une même moyenne une commune du nord du Bénin où le rendement maïsicole atteint deux tonnes par hectare et une commune voisine où il plafonne à huit cents kilogrammes. Il additionne une campagne pluvieuse favorable et un déficit hydrique localisé qui a réduit de moitié la récolte d'un terroir. Il masque l'écart entre une exploitation ayant accès aux engrais et aux semences améliorées et celle qui n'y accède pas. Or la décision agricole, celle qui alloue un programme d'intrants subventionnés ou positionne un magasin de stockage, ne se prend pas à l'échelle de la moyenne nationale : elle se prend à l'échelle de la commune, de la filière et de la campagne. Tant que la donnée reste agrégée, l'investissement reste aveugle.

C'est précisément la conviction qui guide le CRAD. Mesurer finement, désagréger par territoire, par sexe du producteur et par campagne, géolocaliser les déficits de rendement et les goulots logistiques, c'est transformer une statistique nationale en un outil d'arbitrage opérationnel. Un écart de rendement n'a de valeur pour la décision que si l'on sait où il se trouve, qui il affecte et pourquoi il persiste. La donnée fine ne décrit pas seulement le problème : elle indique où placer le levier.

L'angle mort du genre dans la donnée céréalière

Les femmes assurent une part déterminante du travail céréalier ouest-africain, du semis au battage, en passant par la transformation post-récolte qui conditionne les pertes. Pourtant, les statistiques agricoles restent le plus souvent aveugles au sexe de l'exploitant, ce qui empêche de cibler les politiques d'accès aux intrants, au crédit et aux semences améliorées là où l'écart de productivité est documenté comme le plus fort. Réduire les pertes après récolte sous les 10 %, objectif affiché du plan rizicole régional, suppose d'agir précisément sur les maillons de la chaîne tenus par les femmes. Une donnée céréalière désagrégée par genre n'est pas un raffinement académique : c'est la condition pour que les milliards engagés à Accra atteignent ceux qui produisent réellement le grain.

À retenir

  • Les rendements ouest-africains (1,2 t/ha en 2020) ne représentent que 20 à 40 % du potentiel agronomique des sols : la stagnation est un écart de politique publique, pas une fatalité géographique.
  • Plus de la moitié des gains de production subsaharienne 2010-2020 vient de l'extension des surfaces et d'un changement de cultures, et non d'une réelle intensification : un modèle à bout de souffle.
  • Le Bénin progresse à contre-courant (2,74 à 2,91 Mt entre 2023 et 2024), mais en labourant plus de terres, son rendement maïsicole restant bloqué autour de 1,35 t/ha.
  • Le coût de l'inaction est chiffré : 62,8 milliards de dollars d'importations alimentaires subsahariennes en 2024, dont près de 22 milliards de céréales, et une demande régionale appelée à croître de 63 Mt d'ici 2050.
  • Les moyennes nationales masquent les écarts décisifs (commune, filière, genre, campagne) : sans donnée désagrégée et géolocalisée, l'investissement agricole reste aveugle.

Recommandations aux décideurs ouest-africains

  1. Faire de l'intensification des rendements la priorité absolue : viser une trajectoire de progression de 58 kg/ha par an, contre 20 aujourd'hui, condition pour absorber 63 Mt de demande supplémentaire d'ici 2050 sans sacrifier forêts et savanes.
  2. Concrétiser le Sommet africain sur les engrais et la santé des sols (2024) en portant l'apport d'azote de 24 vers 75 kg/ha, par des dispositifs ciblés d'accès et de subvention intelligente des intrants.
  3. Saisir le momentum du Rice Investment Roundtable d'Accra (1,54 Md USD engagés) pour structurer une filière riz béninoise compétitive et positionner le pays en corridor logistique régional.
  4. Lever les barrières commerciales intra-régionales pour transformer les excédents d'un pays (Mali) en sécurité alimentaire de son voisin (Bénin), au lieu de payer le grain en devises hors d'Afrique.
  5. Investir dans des variétés résistantes au climat pour le sorgho et le mil, afin d'enrayer le déclin de leur part et de préserver le filet de sécurité climatique des systèmes sahéliens.
  6. Bâtir des systèmes de données agricoles désagrégées par commune, par campagne et par genre, pour cibler l'investissement là où l'écart de rendement est réel, plutôt qu'à l'aveugle sur des moyennes nationales.

Sources

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