Enseignement supérieur : former les cerveaux de la transformation ouest-africaine

L'Afrique de l'Ouest se prépare à absorber la plus forte poussée démographique de jeunes de la planète, mais elle forme trop peu de diplômés pour la transformer en atout. Dans presque tous les pays de la sous-région, le taux brut de scolarisation dans le supérieur reste sous la barre des 15 %, contre 43,2 % dans le monde. Ce n'est pas un simple retard de calendrier : c'est un déficit de capital humain qui se transmet à l'économie tout entière, car aucun pays ne s'industrialise, ne numérise ses services ni ne pilote ses politiques publiques sans une masse critique d'ingénieurs, de statisticiens, de médecins et de chercheurs. La question n'est donc pas de savoir si la région a besoin de plus de diplômés, mais si elle décide enfin de les former, de bien les orienter et de les retenir, au lieu de les exporter.
Une même région, des trajectoires très éloignées
Les données de la Banque Mondiale et de l'UNESCO-UIS révèlent une dispersion frappante entre pays voisins. En tête, le Ghana atteint 22,1 % en 2023, seul pays de la sous-région étudiée à franchir le seuil symbolique de 20 %. Suivent le Sénégal (16,1 %) et le Togo (14,9 %), tandis que le Bénin plafonne autour de 10,2 %, soit à peine un jeune sur dix en âge d'étudier. À l'autre extrémité, le Mali (5,1 %) et surtout le Niger (4,2 %) figurent parmi les taux les plus faibles au monde. Ce qui frappe dans ce classement, c'est qu'il ne se superpose pas à la carte des richesses ni à celle des populations : des pays comparables y figurent aux deux extrémités. La hiérarchie de l'accès au supérieur raconte donc moins une histoire de moyens bruts qu'une histoire de choix, d'institutions et de constance dans l'effort public.
Un fossé mondial qui se creuse au moment le moins opportun
Replacé dans le contexte mondial, le retard change d'échelle. La moyenne planétaire du taux brut de scolarisation dans le supérieur atteint 43,2 % en 2023, et même les pays à revenu intermédiaire inférieur, groupe auquel appartiennent plusieurs États ouest-africains, culminent à 26,8 %. L'Afrique subsaharienne, elle, plafonne à 9,3 % : c'est, à ce niveau d'enseignement, la région la moins scolarisée de la planète, plus de quatre fois en dessous de la moyenne mondiale. Autrement dit, quand le monde envoie près d'un jeune sur deux dans le supérieur, la sous-région n'en envoie même pas un sur dix. Ce fossé se creuse au pire moment, alors que les économies mondiales, et africaines, basculent vers des secteurs à forte intensité de compétences (numérique, énergie, santé, services financiers) qui réclament précisément des diplômés que la région ne produit pas en nombre suffisant.
Quand le monde envoie près d'un jeune sur deux dans le supérieur, l'Afrique subsaharienne n'en envoie même pas un sur dix. C'est, à ce niveau, la région la moins scolarisée de la planète.
Le Ghana et le Sénégal décollent, le Bénin fait du surplace
La comparaison dans le temps est le meilleur antidote au fatalisme. Depuis 2010, le Ghana a presque doublé son taux, de 11,3 % à 22,1 %, et le Sénégal l'a fait plus que doubler, de 7,6 % à 16,1 %, dans une progression continue et soutenue. La Côte d'Ivoire suit la même pente ascendante, de 6,5 % à 11,6 %. Le Bénin, lui, offre le contre-exemple : parti d'un niveau relativement élevé pour la région en 2010 (12,6 %), il a reculé jusqu'à 9,8 % en 2021 avant de remonter timidement à 10,2 %. En treize ans, deux voisins ont donc gagné du terrain pendant qu'un troisième en perdait. Cette divergence n'a rien de naturel : elle installe, année après année, un écart de capital humain entre des pays partis d'une situation comparable.
La leçon n'est pas qu'il faille copier tel ou tel modèle à l'identique, mais qu'un rattrapage est à la portée d'une politique tenue dans la durée. Les pays qui progressent sont ceux qui ont élargi méthodiquement leurs capacités d'accueil, diversifié l'offre (universités publiques, instituts techniques, secteur privé encadré) et sécurisé la transition entre le secondaire et le supérieur. Le Bénin ne manque pas de potentiel démographique : il manque d'une trajectoire de croissance de son système d'enseignement supérieur, et surtout d'un pilotage capable de la tenir sur une décennie. La grille de lecture importe ici : une année de recul comme celle de 2016 à 2021 ne se rattrape pas en une réforme, car un système universitaire se construit par cohortes successives et chaque promotion perdue met plusieurs années à se reformer.
Pourquoi le goulot d'étranglement persiste : des verrous chiffrés
Le retard d'accès n'a rien de mystérieux. Il se forme en amont, par une transition trop faible du secondaire vers le supérieur, et se durcit par la saturation des capacités universitaires : amphithéâtres surchargés, effectifs par enseignant démesurés, offre de formation qui ne suit pas la démographie. Il est aggravé par un sous-financement chronique de la recherche, socle pourtant indispensable à la qualité de l'enseignement supérieur. La dépense intérieure de recherche-développement du Burkina Faso ne s'élève qu'à 0,25 % du PIB, très loin de la cible de 1 % que l'Union africaine a fixée à ses membres. Or sans recherche financée, pas d'encadrement doctoral, pas de renouvellement du corps enseignant, pas de production de savoir local.
Le second verrou est la rareté des enseignants-chercheurs. Le Sénégal, pourtant l'un des mieux dotés de la sous-région, ne compte que 572 chercheurs par million d'habitants, contre plus de 4 000 dans les pays à haut revenu, soit un rapport de un à sept. Cette pénurie a un double effet : elle bride mécaniquement la qualité de l'enseignement et elle pousse les meilleurs étudiants, faute d'encadrement de niveau, à chercher ailleurs les formations et les laboratoires qui leur manquent chez eux. Le sous-investissement dans la recherche et la faiblesse des effectifs de formation ne sont donc pas deux problèmes séparés : ils s'alimentent l'un l'autre, et se referment ensemble. Un jeune docteur formé à l'étranger qui rentre dans une université sans laboratoire, sans budget de fonctionnement et avec des classes surchargées repartira ; la pénurie s'auto-entretient tant que les conditions de travail ne sont pas rétablies en même temps que les effectifs.
- La transition et les capacités d'accueil. Le goulot se forme dès le passage du secondaire au supérieur, puis s'aggrave avec la saturation des universités, dont l'offre ne suit pas la poussée démographique des jeunes.
- Le financement de la recherche. À 0,25 % du PIB au Burkina Faso, la dépense de recherche-développement reste très en deçà de la cible africaine de 1 %, privant le supérieur du socle scientifique dont dépend sa qualité.
- Le corps enseignant. Avec 572 chercheurs par million d'habitants au Sénégal, contre plus de 4 000 dans les pays à haut revenu, la région manque des encadrants sans lesquels ni la qualité ni la montée en effectifs ne sont soutenables.
Le nerf de la guerre : un financement par étudiant parmi les plus faibles du continent
Derrière les taux de scolarisation se cache une contrainte plus rarement citée : le montant que chaque pays consacre effectivement à former un étudiant. Or, à ce jeu, l'Afrique de l'Ouest se situe non seulement sous les standards mondiaux, mais sous ceux du reste du continent. Selon les données UNESCO-UIS compilées par la Banque Mondiale, la dépense moyenne par étudiant du supérieur en Afrique subsaharienne s'établissait à 1 775 dollars en 2019 ; mais cette moyenne masque un écart régional énorme. L'Afrique australe dépensait 3 079 dollars par étudiant, quand l'Afrique de l'Ouest n'y consacrait que 648 dollars, soit près de cinq fois moins. À ce niveau de dotation, un étudiant ouest-africain ne dispose ni des laboratoires, ni des bibliothèques, ni du taux d'encadrement qui font la valeur d'un diplôme. Le sous-financement se lit ainsi dans la qualité même de la formation, bien au-delà du nombre de places offertes.
Un paradoxe aggrave la situation : là où le supérieur est financé, il l'est souvent au bénéfice des plus aisés. En Afrique subsaharienne, environ 21 % du budget public de l'éducation vont au supérieur, contre 27 % au secondaire et 43 % au primaire ; or les rares bénéficiaires de ce niveau proviennent en majorité des ménages les plus riches, si bien que la dépense publique la plus élevée par tête finance les catégories déjà favorisées. Le supérieur ouest-africain cumule donc deux handicaps de financement : il est globalement sous-doté par étudiant, et sa dépense est concentrée sur une élite. Corriger l'un sans l'autre ne suffira pas : élargir l'accès sans relever la dotation par étudiant produirait des diplômes dévalués, et relever la dotation sans ouvrir l'accès reviendrait à mieux subventionner les mêmes privilégiés.
Le mauvais aiguillage : trop peu de diplômés en sciences et technologies
Former trop peu de diplômés est un problème ; les former dans les mauvaises filières en est un autre, souvent invisible dans le taux global. Car l'accès au supérieur ne dit rien de sa composition. Or au Bénin, seuls 11,3 % des diplômés du supérieur sortent des filières sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) : près de neuf diplômés sur dix se concentrent dans des filières souvent moins connectées aux besoins de l'économie productive. Le Ghana, plus scolarisé en volume, affiche une part STEM encore plus faible dans les données disponibles (moins de 5 %). Ce déséquilibre pèse lourd : les secteurs qui tirent la croissance (numérique, énergie, agro-industrie, santé, data) réclament précisément des profils scientifiques et techniques, ceux-là mêmes que la région produit le moins.
Cet aiguillage défaillant nourrit directement l'inadéquation entre formation et emploi. À l'échelle du continent, la Mastercard Foundation rappelle que 9 % seulement des jeunes Africains ont achevé un cursus du supérieur, alors même que les économies se tournent vers des secteurs à forte intensité de compétences. La conjonction est redoutable : peu de diplômés, et parmi eux trop peu de profils scientifiques et techniques, au moment où la demande de ces compétences explose. Le problème n'est donc pas un excès de qualifications sans débouché, mais un système qui produit à la fois trop peu et pas dans les bons domaines. Le mauvais aiguillage a en outre un coût caché : les filières scientifiques et techniques sont les plus chères à équiper, si bien qu'un système sous-financé par étudiant a tendance à s'orienter par défaut vers les filières les moins coûteuses, aggravant précisément le déficit de compétences qu'il faudrait combler.
La fuite des cerveaux : former pour l'étranger
Le troisième problème est peut-être le plus coûteux : une part des meilleurs étudiants quitte la région pour se former ailleurs, et beaucoup ne reviennent pas. Le cas nigérian est emblématique. En 2018, plus de 76 000 Nigérians étudiaient déjà hors de leur pays ; en 2021, ils étaient 84 797, un effectif qui a quadruplé en vingt ans. Le Nigeria n'est pas isolé : le Ghana (près de 16 000 étudiants à l'étranger), la Côte d'Ivoire (plus de 14 000) et le Sénégal (près de 14 000) envoient chacun des dizaines de milliers de jeunes se former dehors. Le Bénin lui-même comptait 7 501 étudiants à l'étranger en 2018, une part notable de ses effectifs nationaux du supérieur.
La mobilité étudiante n'est pas condamnable en soi : se former ailleurs peut enrichir un pays lorsque les diplômés reviennent. Le problème naît quand le flux devient à sens unique. La trajectoire nigériane le montre : de 76 338 étudiants à l'étranger en 2018 à 84 797 en 2021, la courbe monte sans discontinuer, portée par une demande de formation que le système national ne parvient pas à satisfaire. Or beaucoup de ces jeunes ne rentrent pas : formés aux frais de leur pays d'origine dans le secondaire, ils déploient ensuite leurs compétences dans des économies déjà riches en capital humain. La fuite des cerveaux transforme ainsi un investissement public africain en subvention nette aux systèmes d'accueil.
Ce que les moyennes nationales cachent
Un taux national est une moyenne, et les moyennes masquent l'essentiel. Derrière le taux brut de scolarisation se cachent des écarts considérables selon le sexe, le milieu et le revenu. La parité de genre progresse, et parfois s'inverse : au Sénégal, les femmes affichent désormais un taux d'accès supérieur à celui des hommes (16,5 % contre 15,7 %). Mais ce progrès agrégé n'efface pas des inégalités criantes d'accès selon que l'on naît en ville ou en zone rurale, dans une famille aisée ou modeste. Un jeune du quintile le plus riche d'une capitale et une jeune fille d'une zone rurale enclavée ne vivent pas le même supérieur, quand ils y accèdent. Ces fractures, invisibles dans la moyenne nationale, déterminent pourtant où et pour qui une politique d'élargissement de l'accès sera efficace.
Le même aveuglement vaut pour les filières et pour l'insertion. Un taux d'accès en hausse peut cacher une concentration croissante dans des filières sans débouché, et un chiffre de diplômés ne dit rien de leur devenir professionnel. La parité femmes-hommes, elle aussi, se dissout dès qu'on la ventile : l'égalité observée en volume d'inscriptions au Sénégal ne dit rien de la présence des femmes dans les filières STEM, où elles restent largement minoritaires sur tout le continent, ni de leur accès aux carrières de recherche. Sans données désagrégées, à la fois par sexe, par territoire, par filière et par trajectoire d'insertion, l'investissement public dans le supérieur avance à l'aveugle : il élargit peut-être l'accès là où il fallait le rééquilibrer, ou finance des filières que le marché du travail ne demande pas. Piloter l'enseignement supérieur exige de voir ce que les agrégats nationaux effacent.
Une statistique d'enseignement supérieur n'a de valeur que si elle est désagrégée, géolocalisée et reconduite dans le temps. Sinon, l'investissement public élargit l'accès là où il fallait le rééquilibrer.
Le coût de l'inaction : un dividende démographique qui peut tourner au risque
Le retard du supérieur n'est pas un débat d'universitaires : c'est une course contre la démographie. L'Afrique de l'Ouest abrite les populations les plus jeunes de la planète : le Niger affiche en 2024 un âge médian de 15,2 ans, le plus bas du monde, et le Mali de 16,1 ans, tandis que près de 60 % des habitants du continent ont moins de 25 ans. Cette jeunesse ne restera un atout que si elle est formée et employée. À taux d'accès constant, la région produira mécaniquement, année après année, un déficit croissant de cadres, d'ingénieurs et de chercheurs, comblé au mieux par l'importation de compétences, au pire par une main-d'œuvre sous-qualifiée pour les emplois de demain. Le coût de l'inaction ne se mesure pas seulement en diplômés manquants, mais en croissance non captée, en industries qui ne se créent pas et en services publics qui ne se modernisent pas faute de personnels qualifiés.
L'arithmétique est implacable. Un système qui scolarise à peine un jeune sur dix aujourd'hui devra, pour simplement maintenir son taux, ouvrir chaque année davantage de places, puisque la cohorte des 18-23 ans grossit sans discontinuer. Rattraper la moyenne subsaharienne, elle-même très basse, supposerait de faire croître les effectifs bien plus vite que la démographie ne le fait déjà, et de le financer alors même que la dépense par étudiant est parmi les plus faibles du continent. C'est pourquoi le retard n'est pas stationnaire : chaque année sans expansion planifiée le creuse davantage, et un système qui stagne en pourcentage régresse en réalité, car il laisse une part croissante d'une génération plus nombreuse à la porte de l'université.
La fuite des cerveaux aggrave encore ce compte à rebours. Chaque étudiant qui part et ne revient pas est un double coût : celui de sa formation initiale, payée localement, et celui de son absence, ressentie dans les hôpitaux, les administrations et les entreprises qui manquent de cadres. Quand une part importante d'une génération de talents envisage l'émigration comme horizon, ce n'est pas seulement un problème d'éducation, c'est un signal d'alarme sur la capacité de la région à offrir des perspectives. Le dividende démographique tant espéré peut, faute d'investissement dans le supérieur, se retourner en fardeau.
Chaque étudiant qui part et ne revient pas est un double coût : celui de sa formation, payée localement, et celui de son absence, ressentie dans les hôpitaux, les administrations et les entreprises.
Mesurer pour piloter : l'angle du CRAD
Le CRAD relie la donnée de terrain africaine à la décision des bailleurs, et l'enseignement supérieur illustre parfaitement pourquoi ce pont est indispensable. Cartographier finement l'offre de formation, mesurer le poids réel des filières STEM, suivre l'insertion des diplômés et documenter les flux de mobilité pays par pays sont les préalables de toute politique d'enseignement supérieur crédible. Sans cette base, les États et leurs partenaires financent au jugé : ils construisent des amphithéâtres là où manquent des laboratoires, ouvrent des filières que le marché ne demande pas, ou subventionnent un accès dont ils ignorent qui il touche réellement. La donnée transforme l'intention en ciblage.
C'est la conviction qui guide l'approche du CRAD sur le capital humain : une statistique d'enseignement supérieur n'a de valeur que si elle est désagrégée, géolocalisée et reconduite dans le temps. Documenter l'inadéquation entre formation et emploi, mesurer les rendements des filières et cartographier les flux de talents, c'est aider les décideurs à investir là où les cerveaux sont retenus et valorisés, plutôt que formés pour être exportés. Le suivi de la dépense par étudiant, croisé avec les résultats d'insertion, permet de sortir du pilotage par les seuls moyens pour arbitrer sur les résultats : combien coûte réellement un diplômé employable, et dans quelle filière. La collecte numérique et le suivi-évaluation ne sont pas des accessoires techniques : ce sont les instruments qui font passer une politique universitaire de l'aveuglement à la précision.
À retenir
- L'accès au supérieur reste très faible en Afrique de l'Ouest : sous 15 % dans presque tous les pays, contre 43,2 % dans le monde et 9,3 % pour l'Afrique subsaharienne, la région la moins scolarisée de la planète à ce niveau.
- Les écarts entre pays sont massifs : du Ghana (22,1 % en 2023) au Niger (4,2 %), et le Bénin stagne autour de 10 % quand le Ghana et le Sénégal ont presque doublé leur taux depuis 2010.
- Le financement par étudiant est le plus faible du continent : 648 dollars en Afrique de l'Ouest contre 3 079 en Afrique australe, et 21 % du budget éducatif va au supérieur, surtout au bénéfice des ménages les plus aisés.
- Le mauvais aiguillage aggrave le déficit : au Bénin, seuls 11,3 % des diplômés sortent de filières scientifiques et techniques, et moins de 5 % au Ghana.
- La fuite des cerveaux se chiffre : 84 797 Nigérians étudiaient à l'étranger en 2021 (quadruplement en vingt ans), et le Bénin comptait 7 501 étudiants sortants dès 2018, dans une région à l'âge médian de 15 à 16 ans.
Recommandations aux décideurs ouest-africains
- Fixer une cible nationale d'accès au supérieur explicite et l'inscrire dans la durée, sur le modèle des trajectoires ghanéenne et sénégalaise qui ont presque doublé leur taux en une décennie, plutôt que de laisser l'offre stagner comme au Bénin.
- Relever la dépense par étudiant, aujourd'hui de 648 dollars en Afrique de l'Ouest contre 1 775 en moyenne subsaharienne, et réorienter une partie du budget vers les niveaux et les publics défavorisés, pour que l'élargissement de l'accès ne se paie pas en dévaluation des diplômes.
- Rééquilibrer les filières vers les sciences et technologies par des places dédiées, des bourses fléchées et des partenariats avec les secteurs productifs, pour dépasser les 11,3 % de diplômés STEM au Bénin et les moins de 5 % au Ghana.
- Honorer la cible africaine de 1 % du PIB pour la recherche-développement (contre 0,25 % au Burkina Faso) et renforcer le corps d'enseignants-chercheurs, en rétablissant simultanément leurs conditions de travail sans lesquelles ni la qualité ni la montée en effectifs ne sont soutenables.
- Transformer la fuite des cerveaux en circulation des cerveaux par des dispositifs de retour, de co-diplomation et de laboratoires attractifs, afin que les dizaines de milliers d'étudiants formés à l'étranger reviennent servir leur économie d'origine.
- Bâtir des systèmes de données sur l'enseignement supérieur, désagrégés par sexe, territoire, filière, coût par étudiant et insertion des diplômés, via la collecte numérique et le suivi-évaluation, pour concentrer l'investissement public là où il retient et valorise les cerveaux.
Sources
- Banque Mondiale, School enrollment tertiary (% gross) SE.TER.ENRR
- UNESCO Institute for Statistics (UIS) Data Browser
- UNESCO-UIS, étudiants mobiles sortants par région d'accueil (queryid 3807)
- UNESCO-UIS, Global Flow of Tertiary-Level Students
- WENR (World Education News & Reviews), International Student Mobility in Sub-Saharan Africa: Nigeria
- Banque Mondiale, Sub-Saharan Africa: Tertiary Education (One Africa, dépense par étudiant et allocation budgétaire)
- ISS African Futures, Education financing (dépense par étudiant, allocation par niveau)
- UNESCO, Higher Education Global Data Report (WHEC 2022)
- Banque Mondiale, R&D expenditure (% of GDP) GB.XPD.RSDV.GD.ZS
- Banque Mondiale, Researchers in R&D (per million people) SP.POP.SCIE.RD.P6
- Mastercard Foundation, Africa Youth Employment Outlook
- African Development Bank, Youth Jobs, Skill and Educational Mismatches in Africa
- Statista / UN Population Division, âge médian et population jeune en Afrique (Niger 15,2 ans, 2024)





