Petite enfance : le rendez-vous manqué du préscolaire

C'est l'investissement éducatif le plus rentable connu, et c'est celui que l'Afrique de l'Ouest néglige le plus. Les travaux du prix Nobel James Heckman établissent qu'un programme de petite enfance de qualité rapporte 13 % par enfant et par an, toute la vie durant, en meilleure santé, meilleurs résultats scolaires et revenus futurs plus élevés. Or au Bénin, à peine un enfant sur quatre franchit la porte d'une structure préscolaire, et cette proportion n'a pas bougé depuis 2016. Le préscolaire n'est pas un supplément d'âme réservé aux systèmes éducatifs matures : c'est le premier maillon de la chaîne des apprentissages, celui qui décide de tous les autres. Le manquer, c'est faire entrer chaque cohorte au primaire avec un handicap qui se paiera pendant toute la scolarité, et bien au-delà.
Une région coupée en deux mondes
L'Afrique de l'Ouest ne connaît pas un retard homogène : elle abrite deux réalités opposées. À une extrémité, le Ghana a fait du préscolaire un cycle quasi universel, avec un taux brut de scolarisation de 116 % (les enfants plus âgés ou plus jeunes que la tranche officielle gonflant l'indicateur au-delà de 100 %) et une fréquentation de 89 % un an avant le primaire. Le Togo suit de près, à 84 %. À l'autre extrémité, le Burkina Faso (6,5 % de taux brut), le Niger et le Mali (moins de 8 %) laissent plus de neuf enfants sur dix hors de toute structure d'éveil. Entre les deux, le Bénin occupe une position intermédiaire fragile : 23,1 % de taux brut, 59,9 % de fréquentation un an avant le primaire, sans réel progrès depuis 2016.
Ce qui frappe dans ce classement, c'est qu'il n'épouse pas une géographie de la richesse ou du climat. Des pays voisins, aux niveaux de développement comparables, y figurent aux deux extrémités. La hiérarchie du préscolaire raconte donc moins une histoire de contraintes économiques qu'une histoire de choix politiques : celui d'intégrer, ou non, le préscolaire au système éducatif public. C'est une bonne nouvelle, car les choix, contrairement aux fatalités, se révisent.
Deux façons de compter, une même réalité à ne pas confondre
Avant d'aller plus loin, une précaution de méthode s'impose, car elle conditionne toute lecture sérieuse du dossier. Deux séries coexistent et mesurent des choses différentes. Le taux brut de scolarisation provient des données administratives (Banque mondiale, UNESCO-UIS) et rapporte tous les inscrits, quel que soit leur âge, à la population de la tranche officielle : c'est lui qui peut dépasser 100 %, comme au Ghana. La fréquentation un an avant le primaire vient au contraire des enquêtes ménages (MICS, DHS) et mesure la participation réelle des enfants au bon âge. Ces deux indicateurs divergent parfois fortement et ne s'additionnent jamais : le taux brut ghanéen dépasse 116 % quand sa fréquentation plafonne à 89 %.
Cette distinction n'est pas un raffinement de statisticien. Elle décide de ce que l'on croit savoir. Utiliser le taux brut pour piloter l'équité conduirait à des contresens ; s'appuyer sur la fréquentation issue d'enquêtes espacées de plusieurs années expose à travailler sur des données déjà anciennes. Les chiffres du Nigeria illustrent le risque : leur taux brut chute de plus de 40 % avant 2014 à 15-24 % ensuite, signe d'une rupture de définition ou de couverture qui interdit toute lecture de tendance longue. Piloter le préscolaire suppose donc de savoir en permanence quelle mesure on regarde, et ce qu'elle dit vraiment.
Ce que les moyennes cachent : la fracture sociale
Un taux national est une moyenne, et les moyennes masquent l'essentiel. Derrière les 59,9 % du Bénin se cache une double fracture, sociale d'abord. La fréquentation un an avant le primaire atteint 90,8 % chez les 20 % de familles les plus riches, mais tombe à 34,5 % chez les 20 % les plus pauvres : un rapport de 2,6 pour 1. Autrement dit, le préscolaire béninois est déjà la norme pour les enfants aisés et reste l'exception pour les enfants pauvres. Le taux moyen de 60 % décrit une réalité qui n'existe pour presque personne : il additionne une élite largement préscolarisée et une majorité modeste laissée à l'écart.
Cette fracture atteint son paroxysme au Burkina Faso, où l'inégalité d'accès est la plus brutale de la sous-région. Seuls 6,4 % des enfants du quintile le plus pauvre fréquentent une structure préscolaire un an avant le primaire, contre 66,2 % des plus riches. Là, le préscolaire n'est pas un service public à l'accès imparfait : c'est un privilège réservé à une minorité, dont les familles pauvres sont presque entièrement exclues. Cette exclusion précoce hypothèque la suite : l'enfant qui n'a jamais tenu un crayon ni entendu la langue de l'école entre au primaire avec un retard qu'il ne rattrapera, le plus souvent, jamais.
La seconde fracture : la ville contre la campagne
À l'inégalité sociale se superpose une fracture territoriale, car les structures préscolaires suivent les villes. Au Bénin, la fréquentation un an avant le primaire atteint 73,2 % en milieu urbain mais retombe à 52,2 % en zone rurale. L'écart se creuse ailleurs : au Niger, il va de 84 % en ville à 45,3 % à la campagne ; au Burkina Faso, de 55 % à 13 %. Ces deux fractures ne s'annulent pas, elles se cumulent : l'enfant pauvre et rural est deux fois pénalisé, et c'est précisément lui que le système laisse le plus systématiquement de côté.
Le taux national de 23 % masque donc une réalité à deux vitesses : une élite urbaine largement préscolarisée et une majorité rurale et pauvre quasi exclue. C'est la raison pour laquelle un chiffre agrégé, utile pour comparer les pays entre eux, ne dit rien de l'endroit où agir à l'intérieur d'un pays. Sans mesure fine par quintile de richesse et par milieu, l'investissement public vise dans le noir.
Un taux moyen de 23 % ne décrit personne : il additionne une élite urbaine largement préscolarisée et une majorité rurale et pauvre quasi exclue de l'éveil.
Trois verrous, tous desserrables
Pourquoi l'accès reste-t-il si faible et si inégal ? Trois verrous se combinent, et aucun n'est une fatalité.
- L'offre et son financement. Là où l'État se retire, le privé prend le relais et facture l'accès. Le privé assure près de 80 % des effectifs préscolaires au Burkina Faso et 57 % au Mali, ce qui exclut de fait les familles pauvres. Au Bénin, le privé pèse 32 %, une part encore élevée qui pousse mécaniquement l'accès du côté des ménages capables de payer.
- La qualité de l'encadrement. Ouvrir une classe ne suffit pas s'il n'y a personne pour y enseigner correctement. Moins d'un enseignant sur quatre est formé selon les normes nationales au Bénin (24 %), un sur six au Burkina Faso (17,2 %), un sur cinq au Mali (19,6 %). Et au Mali, on compte 159 enfants pour un seul enseignant qualifié.
- La géographie. L'implantation des structures suit les villes et les zones aisées, laissant les campagnes et les quartiers pauvres sans offre de proximité. L'exclusion territoriale n'est pas un accident : c'est la conséquence directe d'une politique d'implantation qui n'a pas ciblé les zones les plus démunies.
Ces trois verrous se renforcent l'un l'autre. Quand l'État se retire, le privé s'installe là où il y a une clientèle solvable, c'est-à-dire en ville et chez les familles aisées ; la qualité, faute de norme publique tenue, devient une variable d'ajustement ; et la campagne pauvre cumule l'absence d'offre et l'absence d'encadrement. Desserrer un seul verrou sans toucher aux autres produit peu d'effet : c'est le triptyque qu'il faut actionner ensemble.
Le poids du privé : quand l'accès se paie
Le mécanisme du financement mérite qu'on s'y arrête, car c'est lui qui verrouille l'équité. Le préscolaire est le seul niveau éducatif où, dans plusieurs pays de la région, le privé est majoritaire. Au Burkina Faso, 79,4 % des enfants préscolarisés le sont dans le privé ; au Mali, 56,6 % ; au Nigeria, 51,7 %. Or un préscolaire privé, par construction, sélectionne par le portefeuille. Il explique donc largement pourquoi, au Burkina Faso, l'enfant riche accède six à dix fois plus souvent que l'enfant pauvre : l'État étant quasi absent, le service revient à ceux qui peuvent le payer.
Le Bénin, avec 32,1 % de privé, n'est pas dans la situation extrême du Sahel, mais la part reste suffisante pour peser sur l'équité. À l'inverse, le Niger affiche seulement 13 % de privé : signe non pas d'un système généreux, mais d'un préscolaire encore embryonnaire, où le public domine faute d'offre tout court. La leçon est claire : l'universalité du préscolaire ne se décrète pas, elle se finance publiquement, sinon elle reste un marché réservé aux familles solvables.
Le coût de l'inaction : une crise des apprentissages annoncée
Le préscolaire manqué ne reste pas sans conséquence : il se paie au primaire, et au-delà. Le diagnostic PASEC 2019, mené dans 14 pays francophones dont le Bénin, le Sénégal et la Côte d'Ivoire, est sans appel : en fin de primaire, seuls 48 % des élèves atteignent le seuil suffisant en lecture et 38 % en mathématiques. Plus de la moitié d'une classe d'âge sort donc du primaire sans maîtriser les fondamentaux. Et PASEC identifie explicitement le déficit de préscolarisation comme l'un des facteurs de cette crise : les élèves passés par le préscolaire réussissent mieux que les autres.
Le lien est mécanique. L'enfant qui n'a pas été éveillé, socialisé, familiarisé avec la langue et les codes de l'école arrive au cours préparatoire avec un retard de départ. Ce retard, loin de se résorber, tend à s'accumuler année après année, jusqu'au décrochage. Chaque cohorte non préscolarisée entre donc au primaire avec un handicap qui se paiera pendant toute la scolarité, puis sur le marché du travail. Ne pas investir dans le préscolaire ne fait pas économiser : cela déplace la dépense vers le redoublement, le rattrapage et l'échec scolaire, à un coût bien supérieur.
Le rendement le mieux documenté du monde
Si l'inaction coûte cher, l'investissement, lui, rapporte comme aucun autre. C'est le point le plus solidement établi de toute l'économie de l'éducation. Les travaux du prix Nobel James Heckman, suivant des enfants sur plusieurs décennies, estiment le rendement d'un programme de petite enfance de qualité (de la naissance à 5 ans) à 13 % par enfant et par an, sur toute la vie. Ce rendement se matérialise partout à la fois : meilleurs résultats scolaires, meilleure santé, revenus futurs plus élevés, criminalité évitée. Aucun autre investissement éducatif n'affiche un tel retour, ni une telle robustesse dans les données.
La logique économique est donc limpide, et pourtant contre-intuitive pour beaucoup de budgets publics : le franc le plus rentable de tout le système éducatif est celui qu'on dépense le plus tôt, avant même le primaire. Repousser cette dépense au nom de l'urgence des cycles supérieurs, c'est renoncer au meilleur placement pour financer des rattrapages plus chers et moins efficaces. Le préscolaire n'est pas la dernière priorité budgétaire une fois le reste financé : c'est la première, par le rendement.
Le franc le plus rentable de tout le système éducatif est celui qu'on dépense le plus tôt, avant même le primaire. Le préscolaire n'est pas la dernière priorité budgétaire : c'est la première.
Dix ans de progrès inégaux : la preuve par les trajectoires
L'écart entre pays n'est pas figé : il s'est construit, en une décennie de politiques différentes. Le Togo en offre la démonstration la plus nette. En 2012, il partait plus bas que le Bénin (10,7 % contre 19 % de taux brut). Dix ans plus tard, il l'a dépassé et stabilisé autour de 29 %, pendant que le Bénin faisait du surplace, oscillant entre 22 et 25 %. Le Sénégal a progressé lentement mais régulièrement, de 14 à 18 %. Le Burkina Faso, lui, reste scotché sous 7 %, sans décollage visible.
Ces trajectoires disent l'essentiel : là où l'accès a progressé, c'est le résultat d'un effort public soutenu dans la durée, pas d'un hasard démographique. Le Togo n'a pas bénéficié de conditions miraculeuses ; il a fait un choix et l'a tenu. Le Bénin, à l'inverse, n'a pas reculé faute de moyens : il a simplement cessé de progresser, laissant son avance de 2012 s'éroder. La stagnation, elle aussi, est un choix.
Le préscolaire, angle mort statistique
Un obstacle discret aggrave tous les autres : on pilote le préscolaire à l'aveugle. Les données fiables sur l'accès et surtout sur l'équité ne viennent pas des systèmes administratifs, souvent lacunaires à ce niveau, mais d'enquêtes ménages (MICS, DHS) espacées de plusieurs années. Résultat, les décideurs travaillent sur des photographies déjà anciennes, sans savoir si la situation s'est améliorée ou dégradée depuis le dernier relevé. Et les années de référence diffèrent d'un pays à l'autre (2017 pour le Togo et le Niger, 2024 pour le Mali), ce qui complique encore les comparaisons régionales.
Cette cécité a un coût concret. Sans mesure fine et récente, impossible de savoir où l'exclusion se concentre, quelles zones rurales cibler en priorité, ou si un programme a réellement réduit l'écart riches-pauvres. On distribue des moyens sans savoir s'ils atteignent les enfants les plus éloignés de l'école. Le préscolaire souffre ainsi d'un double retard : de couverture d'abord, de mesure ensuite, et le second entretient le premier.
C'est précisément là que se situe l'apport du CRAD. Le cabinet aide les États et les bailleurs ouest-africains à mesurer finement l'accès et la qualité du préscolaire par quintile de richesse et par milieu de résidence, à géolocaliser les zones rurales pauvres où l'exclusion se concentre, et à évaluer le rendement réel des programmes de petite enfance. La collecte numérique de terrain, couplée au suivi-évaluation, permet de resserrer le cycle de mesure et de sortir de la dépendance aux seules grandes enquêtes espacées. Mesurer avec précision où et pour qui le rendez-vous du préscolaire est manqué est la première condition pour le rattraper.
L'ordre de grandeur du défi, et sa portée
Le retard se chiffre sans ambiguïté. En Afrique subsaharienne, à peine plus d'un enfant sur quatre d'âge préscolaire (3 à 5 ans) est scolarisé, soit environ 27 %, très loin de la moyenne mondiale. Un an avant le primaire, la participation atteint environ 49 %, en hausse d'environ 7 points depuis 2013, mais toujours sous la barre mondiale de 75 %. Et dans les pays à faible revenu, un enfant sur cinq seulement a accès au préscolaire, contre plus de la moitié des enfants dans le monde. Le décalage n'est pas marginal : c'est un continent entier qui démarre la course éducative avec un tour de retard.
Mais ce même chiffrage porte une promesse. La progression d'environ 7 points de la participation régionale en une décennie prouve que la trajectoire peut s'infléchir. L'objectif n'est pas hors d'atteinte : il suppose une politique constante, ciblée sur les enfants aujourd'hui exclus, c'est-à-dire les plus pauvres et les plus ruraux. Combler l'écart n'exige pas un miracle, mais de la méthode et de la durée, exactement ce qui distingue les trajectoires togolaise et béninoise.
Au fond, le préscolaire ouest-africain n'est pas un problème pédagogique non résolu : on sait parfaitement comment éveiller un jeune enfant et ce que cela lui apporte pour la vie. C'est un problème de priorité politique et de pilotage par la donnée. Les pays qui progressent sont ceux qui ont décidé de faire du préscolaire un cycle public, ciblé sur les exclus, et de mesurer leurs résultats là où ils se jouent : par quintile et par territoire. Ceux qui stagnent ne manquent pas de solutions, ils manquent d'une décision et d'une boussole.
À retenir
- L'Afrique de l'Ouest est coupée en deux : le Ghana (89 %) et le Togo (84 %) préscolarisent presque tous leurs enfants un an avant le primaire, quand le Burkina Faso (22 %), le Niger et le Mali laissent la majorité dehors ; le Bénin stagne à 60 % depuis 2016.
- La moyenne masque une double fracture : au Bénin, 90,8 % des enfants riches accèdent au préscolaire contre 34,5 % des pauvres, et 73 % en ville contre 52 % à la campagne ; au Burkina Faso, l'écart riches-pauvres va de 66 % à 6,4 %.
- Trois verrous se cumulent : un privé qui facture l'accès (jusqu'à 79 % des effectifs au Burkina Faso), un encadrement défaillant (moins d'un enseignant sur quatre formé au Bénin, 159 enfants par enseignant qualifié au Mali) et une implantation calquée sur les villes.
- Le préscolaire est l'investissement éducatif le plus rentable connu (13 % par an et par enfant, Heckman) ; son absence nourrit la crise des apprentissages (seuls 48 % des élèves maîtrisent la lecture et 38 % les maths en fin de primaire, PASEC 2019).
- Le préscolaire est un angle mort statistique : les données fiables viennent d'enquêtes ménages espacées, pas des systèmes administratifs, ce qui rend le pilotage aveugle et appelle une mesure désagrégée et régulière.
Recommandations aux décideurs ouest-africains
- Faire du préscolaire un cycle public financé, et non un marché privé : sur le modèle ghanéen, développer une offre publique gratuite ou fortement subventionnée pour briser le lien entre revenu des familles et accès à l'éveil.
- Cibler explicitement les enfants aujourd'hui exclus, c'est-à-dire les 20 % les plus pauvres et les zones rurales, en implantant les nouvelles structures là où l'exclusion se concentre plutôt que là où la demande solvable existe déjà.
- Investir massivement dans la formation des enseignants du préscolaire, aucun pays de la région n'atteignant un tiers d'enseignants formés, et ramener les ratios d'encadrement à des niveaux compatibles avec un éveil de qualité.
- Fixer une cible nationale de couverture et d'équité (par quintile de richesse et par milieu) et la suivre chaque année par un indicateur public opposable, pour sortir de la stagnation par défaut de pilotage.
- Réduire le cycle de mesure en couplant enquêtes ménages et collecte numérique de terrain géolocalisée, afin de disposer de données récentes, désagrégées et cartographiées, condition d'un ciblage efficace des investissements.
- Traiter le préscolaire comme la première priorité budgétaire de l'éducation, et non la dernière : au rendement de 13 % par an, chaque franc dépensé avant le primaire évite des dépenses de rattrapage bien supérieures en aval.
Sources
- Banque mondiale, Données, School enrollment preprimary (% gross), SE.PRE.ENRR
- Banque mondiale, Trained teachers in preprimary education (% of total teachers), SE.PRE.ENRL.TC.ZS
- UNESCO Institute for Statistics (UIS), Data Browser (NARA.AGM1, ETOIP.02.PR, PTRHC.02.TRAINED)
- UNESCO, Global Education Monitoring Report, Monitoring SDG 4 (2024)
- GEM Report SCOPE, Access to education
- Banque mondiale, Early Childhood Development (thème)
- The Heckman Equation, Lifecycle Benefits of an Influential Early Childhood Program (13% ROI)
- CONFEMEN, PASEC2019, Qualité des systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne francophone
- UN, The Sustainable Development Goals Report 2024, Goal 4 (extended report)
- UNESCO-UIS, SDG 4 Country Profiles (Bénin, Sénégal, Nigeria)





